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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 14:16

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 La Blessure des Mots

(recueil de 161 poèmes)

deuxième édition de juin 2014

 

 

 

 

Chers amis lecteurs,

 

 

Mon livre est en consultation gratuite mais vous pouvez l'acheter au prix modeste de 3,49 euros

Son élaboration m'a demandé des années de travail.

 

Par ce geste, vous contribuerez à la valorisation de la création artistique contemporaine. 

 

Quelques exemplaires papier de l'édition 2004 sont disponibles chez l'auteur via Overblog.

 

Merci à tous.

 

Thierry CABOT

 

 

 

 

 

 

 

Livre numérique La blessure des mots

http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782923916309/la-blessure-des-mots

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Acheter de l'art 

 

 

 

 


 


 





 

 

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 14:14

 



Thierry Cabot, La Blessure des Mots, poèmes. ÉLP éditeur (www.elpediteur.com), 2011

 

Voici, serein, blafard et fier, un puissant recueil de cent trente poèmes versifiés, armaturés, ciselés. La Blessure des Mots est un exercice solidement formulé et indubitablement généreux dans la forme, tout en s’avérant empreint d’une cuisante tristesse intimiste dans le fond. Vieillissement, mort, amours racornis, perte de la foi, futilité du fond des choses, modernité en capilotade, religiosité déchue, métaphysique dérisoire. On sent tous les effluves délétères du bilan de vie et de l’apposition des cachets sur l’huis ligneux d’une époque. Mais c’est quand même un bilan de vie qui chante, qui psalmodie, qui récite en cadence et qui voit, à l’oeil nu, la musique, comme on voit, inexorable, le grain ferme et froid d’une gueuse de fer. La force d’évocation de ces textes est absolument remarquable. Moi, qui mobilise prioritairement la poésie pour peindre et visualiser des miniatures, j’ai senti la vigueur, la solidité, la langueur, liquide et dense, du ressac sensoriel et émotif, quand Cabot m’a ramené au Pays des Plages, en un tout petit matin d’été, sur le port.

 

Un matin d’été sur le port

 

Ayant vaincu la nuit, l'aurore toute molle
Semble un long drap laiteux piqué de veines d'or,
Comme si jusqu'au sein de la blancheur qui dort,
Des fils de diamants tissaient une auréole.

 

Puis vaporeuse et blonde à la pointe du môle,
Tout à coup la nue ivre éclabousse le port
Et le vent secoué d'un magique transport,
Déguste à l'infini la lumière qu'il frôle.

 

Les barques scintillant sur le tapis des eaux,
Avec sublimité, vibrent de chants d'oiseaux ;
Le grand ciel ingénu fait pétiller chaque âme ;

 

Et le soleil toujours plus vaste et glorieux,
Dans la tiédeur marine où se jette sa flamme,
Caresse longuement tous les cœurs et les yeux.

 

Thierry Cabot, et je suis inconditionnellement à ses côtés là-dessus, nous confirme, sans ambivalence ni tergiversation, que la poésie versifiée est toujours avec nous, et sublimement vigoureuse. Il cultive l’alexandrin (comme Jacques Brel dans Les Flamingants), le décasyllabique (comme Georges Brassens, dans La chasse aux papillons), l’octosyllabique (comme Raymond Lévesque dans Quand les hommes vivront d’amour), le demi-alexandrin (comme le parolier d’Édith Piaf, dans Milord) et bien d’autres formes versifiées aussi, régulières ou plus irrégulières. Et, oh, il y a de l’indubitable, monumental et pacifié, dans les références poétiques qu’il promeut, en sus, implicitement ou explicitement. Dans le poème Mon panthéon poétique, Thierry Cabot nous aligne en effet le chapelet de ses maîtres: François Villon, Pierre de Ronsard, Alfred de Vigny, Victor Hugo, Gérard de Nerval, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Émile Nelligan, Guillaume Apollinaire, Paul Valéry, Henri Michaux et René Char. Les ancêtres y sont bel et bien. Ils font puissamment sentir leur présence, à chaque page. N’y voyez surtout pas le triomphalisme rigide d’un académisme fixiste. C’est tout le contraire qui s’impose à nous, au fil de la déclamation qui sonne. C’est triste, c’est cuisant, c’est grandiose, mais nul autre ne sait nous dire comme Thierry Cabot que, de fait, il n’est rien d’éternel et rien de dogmatique.

 

Ah ! Ne savons-nous pas que tout se décompose,
Que l'aube court déjà, tremblante, vers le soir,
Que nous ne respirons jamais la même rose,
Que tout succède à tout et se fond dans le noir ?

 

Paul Laurendeau
juin 2011

 

Article de Bernard Morlino

 

 http://larepubliquedulivrenumerique.com/poesie/         

 


 

  |  ©  écouter lire penser 2011 |  Site hébergé chez CD-SCRIPT  (merci) |

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 15:01




Sur le quai fauve et noir empli de moiteurs sales,
Les âges se défont au rythme aigu des trains...
Voici longtemps. Peut-être en mai. Comme en rafales,
Des houles de joie ivre incendiaient mes reins.

J'avais les yeux ravis et comblés de l'enfance.
La magie à ma lèvre où fusait le bonheur,
Inondait le ciel chaud d'un rêve sans défense
Plus naïvement clair que l'envol d'une fleur.

La gare en fièvre s'agitait à perdre haleine ;
Le vent soûl balayait le matin finissant,
Et tout à coup je vis, dans un souffle de laine,
Sourire jusqu'à moi ton pas resplendissant.

Mes bras tendus au point de soulever le monde,
Capturèrent le baume ailé de tes cheveux
Alors que, titubante au bout d'un soir immonde,
Une vieille passait, les doigts fous et nerveux.


Nous étions le miroir béni de toute chose ;
Les chatoiements de l'heure embellissaient nos mains.
Irréelle et chantant, la fière ville rose
Alignait ses toits purs et ses féconds chemins.
 

O couple aveugle au temps dont saigne l'ombre infâme !
Ta jeunesse coulait en lumineux accords,
Et nul regard ne vint arracher cette femme
Au néant qui bientôt lui mangerait le corps...

 

Le même quai... plus tard, sans que tu me revoies.
Déjà rien que l'infime écume d'un grand jour,
A peine un blanc fantôme errant le long des voies
Tandis que, chargé d'ans, je titube à mon tour.

Ton image noyée au fond de l'amertume,
Est une eau pâle et trouble égarée en mes yeux,
Un murmure de soie enfoui sous la brume,
Une âme frissonnante au bord de vagues cieux.

Et le limon obscur des mois et des années
A glacé mon visage et fendillé mon cou ;
Si parfois j'ai bu tant d'espérances bien nées,
J'ai vingt fois du destin essuyé le vil coup.

Or là comme jadis, la foule bourdonnante
Gronde avec l'appétit d'un long fleuve qui croît ;
Comme jadis, au loin, charmeuse et fascinante,
Toulouse rit toujours dans le beau soleil roi.

Affaibli par cent maux où l'enfer se dessine,
Je longe le vieux quai plein de moites relents
Quand devant moi soudain, ô brûlure assassine !
Pareil au nôtre, un couple unit ses voeux tremblants.

Il ne me connaît pas. Les trains vont, à la file.
Une brise d'amour me flagelle et me mord.
Et vaincu, las de tout, pauvre chose débile,
Je m'abats sur le sol en épousant la mort.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

 

 

Il n'est rien, il est tout

 

Il n'est rien dans le soir déchiqueté de brume,

Rien dans le sein mûri des monts en archipel,

Rien encore au soleil où le matin s'enrhume,

Rien toujours au vent mauve aigu comme un scalpel.

 

Il n'est que chute, ardeur, faille, combat sans terme ;

Une porte blessée au bout d'un long couloir,

Qui tantôt s'entrebâille et tantôt se referme

Avec sur ses vieux gonds l'être et le non-vouloir...

 

Mais tout le sacre lui, l'orphelin, l'inutile,

Le gueux, le nain, le veuf ému près des ormeaux.

Parmi la foule étrange, il passe humble et fertile

Coudoyant les regards, les couleurs et les mots.

 

Tout parle à son coeur plein, tout vibre à son oreille,

Tout chante à son esprit ébouriffé de sons.

La mer qui se déchaîne en sa plume est pareille

Au bondissement bleu des ultimes frissons.

 

Elu, tremblant, choisi pour les plus claires tâches,

Il assène au quidam ces propos mitonnés :

"Si mon habit confus laisse voir quelques taches,

Voit-on celles que montre un homme aux yeux fanés ?"

 

Les siens captent l'éclair du multiple et du nombre.

Le chèvrefeuille y danse écumeux, essentiel.

Sous leur caresse fauve, et la lumière et l'ombre

Ensemencent d'amour l'inaltérable ciel.

 

Devant les éboulis des solitudes blanches,

Il sait de reconquête en éblouissement,

Gravir les sommets purs embellis de pervenches

Par le baiser d'un vers fait souffle et diamant.

 

Violon, piano, flute, cor, mandoline :

Chaque note éployée agite un flux vermeil ;

Comme l'enfant tout neuf riant sur la colline,

Comme le joyau tendre échappé du sommeil.

 

A l'infini caché le long des folles berges,

Combien il sait répondre, esthète radieux.

Dans les ports, les hameaux, les gares, les auberges,

Ses rêves font briller d'inconnaissables dieux...

 

Il est tout, même un soir déchiqueté de brume,

Tout dans le sein mûri des monts en archipel,

Tout encore au soleil où le matin s'enrhume,

Oui tout, même au vent mauve aigu comme un scalpel.

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

scopalto.com

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 15:08

 

 

 

     

Au loin déjà, les barques muettes
Baisent tout l’or assoupi des eaux.  
O lune pleine entre les roseaux !
Tremblant d’aimer nos deux silhouettes.

 

Comme en bijou l’extase qui vient

A la nuit blonde, accole ses lèvres,

Et comme flotte avec d’amples fièvres

Un absolu presque diluvien.

 

Quelle touffeur mêlée à l’espace !

Il fait si chaud, même après minuit.

Ton parfum clair, ma belle de nuit,

Devant mon cœur, et passe… et repasse…

 

La longue berge ineffablement

Voit s’élever des caresses d’ailes,

Et l’onde mauve aux larmes fidèles

Sans cesse dit notre enchantement.

 

Eveils soyeux, libre apothéose ;

Nous devenons ce que l’homme fut :

Une harmonie, un songe à l’affût

Que baigne ici l’amour virtuose.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots" 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 11:49

 

 

 

 

 

Il a plu… tant plu.

Celle qui m’a plu

A changé d’adresse.

Que n’a-t-elle été

Au moins un été

Mon nœud de tendresse !

 

Que n’a-t-elle mis

Des rêves amis

Dans ma tête obscure,

Ou devant Pluton

Fait en demi-ton

Resplendir Mercure !

 

Il a plu… tant plu.

Tout ce que j’ai lu

Erre au coin de l’âtre.

Les carreaux geignant

Ont l’air si poignant

Sous le ciel jaunâtre.

 

Bah ! le vieux, le neuf,

Quel leurre ! Quel bluff !

Rien ne vaut grand-chose ;

Rien sinon l’amour ;

Mais le mien trop court

Bat la vitre close.

 

Il a plu… tant plu.

Un vœu melliflu

En passant m’égare.

Elle m’a laissé

D’un rire glacé

Non loin de la gare.

 

Ah ! que d’eau ! mon Dieu !

Son véloce adieu

A gommé tout charme.

Seul dans mon chez moi,

Soudain malgré moi,

J’effeuille une larme.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 16:03

 

 

 

Rien ne l’empêchera, toute espérance morte,

De rêver comme hier aux splendeurs de sa porte.

Chaque matin semblable aura voulu toujours

Du même et beau visage orner cent tristes jours.

En songeant dans la rue, il se languira d’elle,

Elle qui l’aima peu, juste un soir, d’un coup d’aile

Et dont les grands yeux verts à l’émail convoité

Bien au-delà des siens, vibreront de clarté.

Aucun fruit ni parfum, quoi que le destin fasse,

N’égalera jamais leur si court face à face

Où sans voir ce que l’aube a de lâche et moqueur,

Il crut voler le ciel pour s’en draper le cœur.

Et tandis que courront les méchantes années,

Tandis que d’autres deuils sur des chairs consternées

Viendront marquer le temps avec un poids cruel,

Lui... lui fidèle encore au plus saint rituel,

Arpentera ces lieux afin de humer l’ombre

De celle qui mettra du miel dans sa nuit sombre.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots" 

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 14:31

 

 

 

Figure-toi l’épée au cœur des mousses tendres,

Le rut phénoménal du crétinisme en fleurs

Et toujours envahi, submergé par les cendres,

Un famélique espoir qui cherche ses couleurs.

 

Figure-toi l’orgueil sirupeux des images,

Le mot sonore et vain goulûment répété,

Comme vingt milans noirs sans chair et sans plumages

Dont le chant pleure ainsi qu’un mensonge hébété.

 

Figure-toi la glu hargneuse des recettes :

« Nigaud, voilà comment tu dois vivre aujourd’hui ;

Voici ton chemin gai d’impostures doucettes,

Voici ton âme au sol, plus fade qu’un produit. »

 

Figure-toi partout la glauque bien-pensance

Et nulle part l’éveil de l’être heideggérien,

Les journaleux jappant jusqu’à l’obéissance,

Les élus vérolés dans leur infini rien.

 

Figure-toi quand le crapaud singe l’étoile,

Combien de tourlourous dégoupillent du vent,

Du vent pestilentiel répandu sur la toile,

Du vent pour tous les morts et pour aucun vivant…

 

Mais regarde, ma jeune ondine, ma sirène,

Ce qui chez nous ce soir brûle d’élans séveux.

Est-ce bien là le monde ou le cirque ou l’arène

Où nous allons mêler l’un et l’autre nos vœux ?

 

Est-ce bien là qu’il faut sous le laid, sous l’informe,

Gaspiller une vie elle-même à l’envers ?

Là que chacun battu par la bêtise énorme,

Ira, cousu de peur, cimenter ses nids verts ?

 

Je ne puis, je ne veux, je ne daigne le croire.

Viens, ma délicieuse, envelopper mon cou.

L’existence chérie a l’éclat de la gloire,

Et l’homme libre saigne au long poids du licou.

 

A peine a-t-on nous deux embrassé la vingtaine.

Des colliers de jours neufs émaillent l’horizon.

Du funeste qui gronde avec sa voix hautaine,

Notre jeunesse aura splendidement raison.

 

Ailleurs ces maux ! ailleurs cette faune hagarde !

Trop d’objets, trop de vide écrasent nos destins.

Dès ce beau soir, pendant que le ciel nous regarde,

Déjà quelque vent chaud caresse les lointains.

 

Le soleil allongé sur les flammes des herbes,

Semble un diamant rouge habillé de douceur.

Devant moi, tu souris, les yeux grands et superbes,

Tandis que monte en nous une lumière sœur.

 

Je te sais merveilleuse au-delà du temps même.

Vois les loyaux baisers emplir le firmament.

C’est dans la soie et l’or comme un nouveau baptême.

C’est dans l’air vespéral naître à chaque moment.

 

Ta poitrine flamboie et tes languides lèvres

Aspirent l’éternel tout à coup deviné.

Par centaines, là-bas, ô charme ! des genièvres

Font voguer leur parfum tenace et raffiné.

 

Mes doigts frôlent les tiens, ma bouche sent la tienne.

Il n’est pas de vertige auquel l’âme sursoit.

Il n’est pas maintenant de feu que l’on n’obtienne,

De miracle d’autrui, de prodige de soi.

 

Irréelle, tu m’es plus que jamais présente.

Orphelin, je te suis moins que jamais absent.

Telle une fleur sans tache active et bienfaisante,

L’être éveillé debout rayonne tout puissant.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 14:59

 

 


 

 

Te vois-tu ? mon parterre à l’ignoble figure !

Te vois-tu ? déjà seul et fertile en douleurs !

Car le temps, ce venin somptueux d’envergure,

Dès la semaine enfuie, a ravagé tes fleurs.

 

J’en avais pourtant mis de toutes les couleurs,

Des lys partout, des lys que juillet transfigure ;

Ils fredonnaient si bien parmi les vents siffleurs,

Ils crépitaient si bien d’un feu de bon augure.

 

Et bientôt quel gâchis ! quel spectacle éhonté!

Chaque fleur comme une âme au velours insulté,

Exhale le poison des caresses fatales.

 

Mais ne serais-je pas moi-même un songe-creux ;

Une ombre qui ployant dans son jardin peureux

Va, fantôme erratique, effleurer deux pétales ?

 

 

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:00

 

 

Ils s’enlaceront d’un lumineux geste,

Elle et lui mêlés comme à l’or des anges,

Et tous deux pareils aux claires mésanges

Dont le vol s’échappe en un cri céleste.

 

L’élan qui chez eux rira sans conteste,

C’est l’amour joyau cueilli dans ses langes

Où resplendiront les flammes étranges

D’on ne sait quel bien que le cœur atteste.

 

Et peut-être même, effaçant le doute,

Les verra-t-on fous là-bas sur la route

Attendrir le Ciel de leurs voix bien nées ;

 

Et peut-être alors, au bout d’une heure ivre,

Le temps voudra-t-il s’arrêter de vivre

Pour qu’ils vivent loin des milliards d’années.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:00

 

 

Ecoute encore sur ma joue

Battre le flux et le reflux

D’un oiseau tiède qui rejoue

Ce qui bientôt ne sera plus.

 

Vois déjà mourir à mes lèvres

Comme un trop fugitif baiser,

L’heure en porcelaine de Sèvres

Que l’heure qui suit va briser.

 

Découvre, décèle, devine

Toutes les failles dont mon front

Quelquefois soûl d’une eau divine,

Porte la blessure et l’affront.

 

Nous ouvrons tous le même livre

Et nous le fermons tous… mais quand ?

Est-il jamais simple de vivre

A compter chaque être manquant ?

 

C’est moi, c’est toi, c’est nous, personne.

Nos destins se ressemblent tant.

Tant que déchiré j’en frissonne,

Tant que j’en ai le cœur battant.

 

D’abord poupon jailli des brumes,

La vie étrange a la couleur

De somptueux rêves de plumes

Au nid du jour ensorceleur.

 

Enfant plus tard, l’aube s’entrouvre.

Les pas conquièrent d’autres cieux,

Et nous réinventons le Louvre

A la lumière de nos yeux.

 

L’adolescence alors venue,

L’idéal gifle le réel

Sans fatigue, sans retenue

Car notre monde est si cruel !

 

Puis jetant l’obole ou l’insulte,

Ou fraternel, ou vil et dur,

Apparaît enfin l’homme adulte

Dans son habit en clair-obscur.

 

Après ? Faut-il que je le dise ?

La vieillesse au bout du chemin

A laquelle avec gourmandise

La mort vorace tend la main…

 

Mais écoute là sur ma joue

Aux sons de l’espoir entêté,

Une promesse qui rejoue

Un air nouveau d’éternité.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

 

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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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