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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:00

 

 

 

Toi qui me connais,

As-tu vu ma peine ?  

Les estaminets

Courus à la chaîne ?

 

Quinze triomphaux

Vineux chloroformes ?

Dans le matin faux,

Deux amis sans formes ?

 

Toi qui me souris,

As-tu vu mes gestes

Perdus sous les cris

Des heures funestes ?

 

Un noir music-hall

Dépouillé de charmes,

Puis l’alcool… l’alcool

Au comptoir en larmes ?

 

Toi qui me plains tant,

As-tu vu ma rage ?

Mes poings éclatant

Jusqu’au long naufrage ?

 

Le zinc, le goujat

Comme un songe traître,

Et l’orgueil déjà

Prêt à disparaître ?

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

Je ne dormirai pas

 

Je ne dormirai pas. La nuit commence à peine.

D'inextinguibles peurs ne m'offrent nul repos.

Où vais-je revêtu des plus froids oripeaux ?

Où vais-je trébuchant sur l'acier de ma peine ?

 

Je suis la porte obscure, ignoble dont le pêne

Refuse à toute clef tout espace nouveau,

Cette fleur échouée au bord du caniveau,

Ce coeur sans gouvernail, ce condor né sans penne.

 

Je ne dormiai pas. Je ne sais plus dormir.

L'effroi glisse à vau-l'eau dans chaque heure qui saigne.

Me voilà, cruel sort, me voilà musaraigne,

 

Moi, moi qui m'étais vu comme un prince, un émir ;

Et jusqu'au matin glauque, effaré, presque immonde,

Je ne dormirai pas... pas même une seconde.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 15:01

 

Depuis cinq mois, la chambre neuve attend Romaine.

O chers babils ! comme vous serez bienvenus.

Du berceau qui languit semaine après semaine,

Monte un amour plus saint que tous les dons connus.

 

Son petit nom choyé sonne telle une gloire ;

D’une aube à l’autre, il est le seul qu’on veut ouïr.

La layette déborde aux recoins de l’armoire

Et maint jouet rêve à ses doigts pour l’éblouir.

 

Pâle, songeuse, ouvrant des lendemains féeriques,

La blonde mère agite un arc-en-ciel de vœux.

Même les coups reçus lui parlent d’Amériques

Où galopent ces mots : "je la veux, je la veux".

 

Le père à moitié fou câline son beau ventre.

Quel doux miracle ! A qui va-t-elle ressembler ?

De tout, elle est l’écho, de tout, elle est le centre,

L’ineffable Romaine ardente à s’envoler.

 

Le soir les rend confus de chaudes griseries,

Le matin virginal se colore de chants ;

Et par-delà le monde, avec des mains fleuries,

L’enfant jette à leur cou ses menus bras touchants.

 

                                    -

 

Mais la mort frappe aussi les chérubins sans âge.

Aucun cri n’est venu resplendir ce jour-là.

La maison endeuillée a changé de visage.

Leurs yeux, leurs pauvres yeux ont perdu tout éclat.

 

Ils n’entendront jamais son gazouillis céleste.

Le destin fourbe et sot l’a prise en criminel.

Au bout de tant d’amour, comme tombe, il ne reste

Que cette chambre vide au silence éternel.

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

 

L'automne d'une vie

 

L'espace d'une idylle ou le temps d'une aubade,

Va mille beaux instants,

Par-delà tout orgueil, prendre à la dérobade

Le feu d'un autre temps.

 

Jusqu'au soir, comme aveugle au milieu de ses leurres,

La vie encore bout,

Et tant pis si des jours et tant pis si des heures,

Nul ne connaît le bout.

 

Ce qu'avait accompli ta jeunesse gourmande,

Est-ce un éclat défait ?

Et ton regard si long sur tes yeux en amande

Aurait-il moins d'effet ?

 

Tu viens d'atteindre l'âge où les ans courent vite

Sous une robe à pois ;

L'âge dont quelle femme habilement n'évite

De révéler le poids !

 

Mais qu'importe le choc des multiples aurores,

Le cortège des nuits ;

Tu marches le sein haut, pleine d'ardeurs sonores

Balayant les ennuis.

 

Plus belle à chaque pas, noble, mystérieuse,

Sourde même au déclin,

Il semble qu'à tes pieds l'existence rieuse

Sème l'or et le lin.

 

Avec dllection, tu rends presque éternelle

La semaine à venir,

Et le ciel caressé du coin de ta prunelle

Feint de t'appartenir.

 

Blonde étoile en essor, lumineuse fleur blanche,

Automne rayonnant,

Chez toi, le vrai bonheur monte, vibre et s'épanche

Superbe et foisonnant.

 

Eloigne l'avant-goût des chairs bientôt fanées,

Les ombres du cercueil ;

Tes battements de coeur éclipsent les années,

Ton rire étouffe un deuil.

 

A travers les chemins où vivre est une fête,

Ose emporter l'amour,

Avant que ta royale et chaude silhouette

S'efface au point du jour.

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 09:29

Pendant qu'un mal hideux sur vos langues, pavoise
Et que vous arborez les haillons du néant,
L'éphémère à la bouche et la lèvre sournoise,
Veules comme des pleurs mangés par l'océan ;

Pendant que, sans répit, votre bile malsaine
Traîne, nauséabonde, une âme d'urinoir
Et que de la colère, idiots jusqu'à l'obscène,
Vous ne cessez jamais de vomir le sang noir ;

Pendant que sous l'oeil froid des aveugles machines,
Tout à votre labeur insane et belliqueux,
Avec indignité, vous ployez vos échines
En salissant les murs de mensonges visqueux ;

Pendant que les yeux secs, la lippe larmoyante,
Entre faux catéchisme et confuses rancoeurs,
Du haut de votre Olympe à la haine aboyante,
Vous contemplez l'abîme où gargouillent vos coeurs ;

Pendant, pendant aussi que, monstrueux ou presque,
Ignobles dans un siècle affalé dans le pus,
Le rire chevauchant l'ambition grotesque
Et le ventre agité d'égoïsmes repus,

Oh ! pendant que remplis de la note suave
Du coassement laid des crapauds, tout à coup
Vous mettez à vous seuls, tout pleins de votre bave,
Le sordide au pinacle et le rêve à l'égout ;

Oui ! Pendant que l'orgueil enflé par la sottise,
L'esprit dégoulinant jusqu'au fond des trottoirs,
Méchants à rendre folle une terre promise,
Consternants à changer les saints en dépotoirs,

Vieux paquets furieux autant que ridicules,
Jarret haut, babil vague et tendons chatouillés,
Vous écorchez le sol de vos pas minuscules
Comme si l'univers eût gémi sous vos pieds ;

Pendant que vos nez mous aux rictus affairistes
Hument, soir et matin, le fumet du magot,
Que déjà bouffis d'or dans des poulaillers tristes,
Vous allez caquetant pour soigner votre ego ;

Pendant... pendant qu'enfin, ô bouffons, ô cloportes !
O pourceaux grimaçants, ô doublures d'humains !
Tous traîtres à la vie allongée à vos portes,
Vous insultez le beau qui vous ouvre les mains ;

Une douleur me gifle, âcre, toujours la même,
Hérissée à ma joue inconsolablement,
Car ce qu'en vous je hais, je l'abhorre en moi-même,
Car je ne suis pas moins infâme ni dément.

Ah ! c'est mon coeur entier que ce tableau fouette !
Au fracas de nos cris ! aux coups de nos jeux bas !
A la fureur desquels l'existence muette
Se blesse chaque jour de stériles combats.

Je vois s'époumoner cent défaites livides,
J'entends hurler notre âme orpheline et sans Dieu,
Je frissonne devant nos cathédrales vides,
Plus pâle qu'un remords, plus glacé qu'un adieu.

Sur moi roulent ensemble et les loups et les fauves
Enragés à ma perte, éblouis de ma peur,
Et je tremble aux périls des solitudes fauves
Dont l'image sanglote avec fièvre et stupeur.

Je suis vos abandons, je suis vos faces mortes,
Je suis l'appel terrible écrasé par le fer,
Je suis vos mots sanglés en de viles cohortes,
Qui, dans leur paradis, ne parlent que d'enfer.

Comme vous, comme vous, ô débâcle, ô déroute !
J'ai gardé le poison d'un regret plein d'effroi,
Puis sur ma lèvre, hélas, parmi l'ombre et le doute,
La même question douloureuse : " pourquoi ? "

Oh ! Pourquoi ? Nous avions le monde à nos fenêtres ;
L'espace nous comblait du rire de l'éveil ;
L'azur amoncelait des étoiles champêtres
Et des ravissements de houle et de soleil ;

Les jours mélodieux fusaient tels des dimanches ;
Chaque heure, chaque instant nous voulait plus épris ;
L'amour jetait au loin de longues routes blanches
Couvertes de parfums et de baisers fleuris ;

Nous étions conviés à de splendides messes
Où les orgues du ciel filaient leurs sons joyeux ;
Le matin agitait ses cloches, ses promesses,
Comme un beau livre nu palpitant sous nos yeux ;

Dans une farandole élevée autour d'elle,
La vie étincelante acclamait le divin ;
Le temps semblait pareil à quelque frisson d'aile
Célébrant en secret des poèmes sans fin ;

O nous étions choisis pour une neuve histoire !
L'avenir subjugué faisait frémir nos voix ;
L'espérance à grands flots hâtait notre victoire
Avec des élans fiers et soyeux à la fois ;

Et, musique infinie au chevet de nos âmes,
Tous les dons soulevés en mille gerbes d'or,
Déployaient leurs longs cris plus doux que des sésames,
De l'aurore vibrante à la nuit qui s'endort...

Mais quoi ! Mais quoi ! Tout n'est soudain qu'un mauvais rêve !
Le commun foule aux pieds mes chimères d'enfant !
Puis cette vision magnifique s'achève
Par un vide cruel dont nul ne me défend !

L'horizon devant moi se disloque et se fane ;
Je retrouve bientôt mon pain lavé d'ennui
Et les lâches travaux et la fange profane
Que dévore sans cesse un inutile bruit.


Ah, mon Dieu ! Nous pouvions du moins vivre en beaux hommes,
Nos destins méconnus si vite clairsemés.
Un regard nous eût faits meilleurs que nous ne sommes,
Nous pouvions être ceux que le bien eût aimés,

Et demeurer un peu, malgré tant d'aubes grises,
L'adorable angelot qui, dans son berceau clair,
De ses doigts potelés sème des fleurs exquises
En souriant aux mots éparpillés dans l'air.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "  

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot




 

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Published by Thierry CABOT
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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 09:29

Thierry_Cabot_-_Les_beaux_hommes_V2.mp3


 

Pendant qu'un mal hideux sur vos langues, pavoise
Et que vous arborez les haillons du néant,
L'éphémère à la bouche et la lèvre sournoise,
Veules comme des pleurs mangés par l'océan ;

Pendant que, sans répit, votre bile malsaine
Traîne, nauséabonde, une âme d'urinoir
Et que de la colère, idiots jusqu'à l'obscène,
Vous ne cessez jamais de vomir le sang noir ;

Pendant que sous l'oeil froid des aveugles machines,
Tout à votre labeur insane et belliqueux,
Avec indignité, vous ployez vos échines
En salissant les murs de mensonges visqueux ;

Pendant que les yeux secs, la lippe larmoyante,
Entre faux catéchisme et confuses rancoeurs,
Du haut de votre Olympe à la haine aboyante,
Vous contemplez l'abîme où gargouillent vos coeurs ;

Pendant, pendant aussi que, monstrueux ou presque,
Ignobles dans un siècle affalé dans le pus,
Le rire chevauchant l'ambition grotesque
Et le ventre agité d'égoïsmes repus,

Oh ! pendant que remplis de la note suave
Du coassement laid des crapauds, tout à coup
Vous mettez à vous seuls, tout pleins de votre bave,
Le sordide au pinacle et le rêve à l'égout ;

Oui ! Pendant que l'orgueil enflé par la sottise,
L'esprit dégoulinant jusqu'au fond des trottoirs,
Méchants à rendre folle une terre promise,
Consternants à changer les saints en dépotoirs,

Vieux paquets furieux autant que ridicules,
Jarret haut, babil vague et tendons chatouillés,
Vous écorchez le sol de vos pas minuscules
Comme si l'univers eût gémi sous vos pieds ;

Pendant que vos nez mous aux rictus affairistes
Hument, soir et matin, le fumet du magot,
Que déjà bouffis d'or dans des poulaillers tristes,
Vous allez caquetant pour soigner votre ego ;

Pendant... pendant qu'enfin, ô bouffons, ô cloportes !
O pourceaux grimaçants, ô doublures d'humains !
Tous traîtres à la vie allongée à vos portes,
Vous insultez le beau qui vous ouvre les mains ;

Une douleur me gifle, âcre, toujours la même,
Hérissée à ma joue inconsolablement,
Car ce qu'en vous je hais, je l'abhorre en moi-même,
Car je ne suis pas moins infâme ni dément.

Ah ! c'est mon coeur entier que ce tableau fouette !
Au fracas de nos cris ! aux coups de nos jeux bas !
A la fureur desquels l'existence muette
Se blesse chaque jour de stériles combats.

Je vois s'époumoner cent défaites livides,
J'entends hurler notre âme orpheline et sans Dieu,
Je frissonne devant nos cathédrales vides,
Plus pâle qu'un remords, plus glacé qu'un adieu.

Sur moi roulent ensemble et les loups et les fauves
Enragés à ma perte, éblouis de ma peur,
Et je tremble aux périls des solitudes fauves
Dont l'image sanglote avec fièvre et stupeur.

Je suis vos abandons, je suis vos faces mortes,
Je suis l'appel terrible écrasé par le fer,
Je suis vos mots sanglés en de viles cohortes,
Qui, dans leur paradis, ne parlent que d'enfer.

Comme vous, comme vous, ô débâcle, ô déroute !
J'ai gardé le poison d'un regret plein d'effroi,
Puis sur ma lèvre, hélas, parmi l'ombre et le doute,
La même question douloureuse : " pourquoi ? "

Oh ! Pourquoi ? Nous avions le monde à nos fenêtres ;
L'espace nous comblait du rire de l'éveil ;
L'azur amoncelait des étoiles champêtres
Et des ravissements de houle et de soleil ;

Les jours mélodieux fusaient tels des dimanches ;
Chaque heure, chaque instant nous voulait plus épris ;
L'amour jetait au loin de longues routes blanches
Couvertes de parfums et de baisers fleuris ;

Nous étions conviés à de splendides messes
Où les orgues du ciel filaient leurs sons joyeux ;
Le matin agitait ses cloches, ses promesses,
Comme un beau livre nu palpitant sous nos yeux ;

Dans une farandole élevée autour d'elle,
La vie étincelante acclamait le divin ;
Le temps semblait pareil à quelque frisson d'aile
Célébrant en secret des poèmes sans fin ;

O nous étions choisis pour une neuve histoire !
L'avenir subjugué faisait frémir nos voix ;
L'espérance à grands flots hâtait notre victoire
Avec des élans fiers et soyeux à la fois ;

Et, musique infinie au chevet de nos âmes,
Tous les dons soulevés en mille gerbes d'or,
Déployaient leurs longs cris plus doux que des sésames,
De l'aurore vibrante à la nuit qui s'endort...

Mais quoi ! Mais quoi ! Tout n'est soudain qu'un mauvais rêve !
Le commun foule aux pieds mes chimères d'enfant !
Puis cette vision magnifique s'achève
Par un vide cruel dont nul ne me défend !

L'horizon devant moi se disloque et se fane ;
Je retrouve bientôt mon pain lavé d'ennui
Et les lâches travaux et la fange profane
Que dévore sans cesse un inutile bruit.


Ah, mon Dieu ! Nous pouvions du moins vivre en beaux hommes,
Nos destins méconnus si vite clairsemés.
Un regard nous eût faits meilleurs que nous ne sommes,
Nous pouvions être ceux que le bien eût aimés,

Et demeurer un peu, malgré tant d'aubes grises,
L'adorable angelot qui, dans son berceau clair,
De ses doigts potelés sème des fleurs exquises
En souriant aux mots éparpillés dans l'air.


 

Poème extrait de " La Blessure des Mots "  

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot




Le feu

 

Je devine, caché, le feu brûlant de naître

Sous l'amas de bois mort où tressaille un soupir :

Miniscule frisson tout près de s'assoupir,

Ecume insaisissable en quête de son être.

 

Et tandis que debout je songe à la fenêtre,

Une étincelle enfin va trembler, va grandir,

Puis une flamme alors, comme au ciel d'Agadir,

Va se multiplier, chaude, pour mon bien-être.

 

Et voilà qu'en sifflant toutes les bûches font

Tournoyer leur halo jusque vers le plafond ;

Voilà que chaque braise envoûte l'atmosphère.

 

Et moi devant ce choc éruptif... sibyllin,

Ravagé d'un amour que rien ne peut défaire,

J'enlace du regard le feu dont je suis plein.

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

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Published by Thierry CABOT
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:29

 

Avant de t’endormir, pose tes mains de soie

Longtemps sur mes cheveux déjà lourds de sommeil.

Laisse, laisse tes mains pour que l’amour s’assoie

Au bord de ce lit chaud vêtant son drap vermeil.

 

La nuit mêlée à nous monte comme une offrande ;

La lune en demi-teinte irise le balcon ;

Et dans les jeux du cœur, afin qu’elle se rende,

L’esprit gagne la chair d’un mouvement fécond.

 

Penche vers moi tes yeux dont la couleur ondule ;

Sur ma peau, fais courir ta lumineuse voix.

Onze heures… puis minuit rêvent à la pendule.

O combien je te sens ! O combien je te vois !

 

La lampe cajoleuse a des soupirs d’amante ;

L’étoffe des rideaux croule à longs plis secrets.

Sous tes doigts, je devine une soif qui m’aimante

Jusqu’à ne plus savoir quels en sont les attraits.

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

Ma chérie

 

Dès l'heure qui te vit lumineuse, un été,

Le regard dans le mien tout à coup arrêté,

Et suprême féerie,

Le visage tendu comme une hostie en feu,

Ne t'ai-je pas, miracle, appelée en tout lieu,

A mi-voix : "ma chérie" ?

 

Que me fait le temps sourd ? Que me font les hivers ?

Ferai-je assez le tour de tes grands ouverts

Etalant leur soierie ?

Comment sur quelque ride élancée à ton front,

Ne pas mettre un baiser venu tel un fleuron,

Susurrer : "ma chérie" ?

 

Pendant que toujours belle, ô délice entraîneur !

Tu m'offres des joyaux clairvoyants de bonheur,

Une douce prairie ;

Que le charme et l'amour se baignent dans ta main,

Ne puis-je pas encore oser jusqu'à demain

Ces deux mots : "ma chérie" ?

 

Quand le rire décoiffe au soleil tes cheveux

Auxquels se mêlent fous, librement, des aveux

De ta bouche fleurie ;

Quand vers moi ton parfum épand son chaud nectar,

Est-il jamais trop tôt, est-il jamais trop tard

Pour souffler : "ma chérie" ?

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:05
 

Reste-t-il pour ma joie une obscure pépite,

Une aile diaphane au halo d’une yèble ?

Dans le jour cimenté, nul oiseau ne palpite

Et je m’étonne d’être et si pâle et si faible.

 

Car quelle fée ou sainte ici m’arrachera

Aux brumes endeuillant le ciel fourbe d’avril ?

Avril que cette année en son sommeil ingrat

Rend plus morne que tout sous les pleurs du grésil.

 

Où se cache le rêve exalté sur ma route ?

Où s’agite la soif ? Où bouillonne le tendre ?

J’ai tant cru, j’ai tant cru que j’égrène le doute

Avec mes frêles doigts qui se meurent d’attendre.

 

Fantômes, laissez choir vos masques ennemis.

Allez sans trouble aucun vers des lieux moins amers.

Non, non, je ne veux plus que les envols promis

Ne roulent comme flots que les larmes des mers.

 

A l’horizon timidement, l’espace bouge.

Plume, caresse, miel ; de nouveau puis-je croire ?

Et fuir… à jamais fuir l’insoutenable bouge

Dont j’avais entrouvert une porte illusoire ?

 

Mais l’air mouillé d’ennui pèse à narguer le temps.

A peine un souffle au loin harcèle les ajoncs.

Aux plis du manteau rêche en sanglots du printemps,

Je n’ai toujours pas vu refleurir des pigeons.

 

Hélas ! ils ont comme eux rejoint la même absence,

Les élixirs goûtés à la chair d’une étreinte ;

Elle erre au fond des nuits, l’heure de ma naissance

Où je m’imaginais vierge de toute crainte.

 

Ai-je bien su d’ailleurs quel âge était le mien ?

Les semaines, les mois ont tournoyé sans fin ;

Et je fus tour à tour vicaire et bohémien,

Marginal et soldat, riche et crève-la-faim.

 

Au cœur de l’étendue, ombrageux, l’âme blême,

Je ne sens désormais que grisaille et malaises.

Me voilà maintenant presque sourd à moi-même

Tandis que l’inconnu dresse en moi ses falaises.

 

La terre somnolente aiguise ma douleur.

Pas un jeu, pas un don, pas un cri d’animal.

Que voir quand le matin n’a ni feu ni couleur ?

Jamais premier avril ne m’a fait aussi mal.

 

Oh ! de ce froid, comment, oui comment me défaire ?

Le silence figé semble coudre la nue.

Rien n’a pu jusque-là secouer l’atmosphère,

Et j’épie un frisson comme un cœur s’exténue…

 

Or déjà quelque éveil aux langues des roseaux

Attache, imperceptible, une aile de velours.

On dirait qu’à l’affût les lumineux oiseaux

Sèment les chuchotis tremblotants des beaux jours.

 

Cela monte et s’accroît ; ma cervelle divague.

Est-ce l’espoir qui chante ou la source qui pleure ?

La vie enfle soudain telle une jeune vague.

Je ne suis plus l’errant mal aimé tout à l’heure.

 

Mon Dieu ! cet éclat vif, cette naïade au bain,

Ce vol bientôt, ce vol déployé vers l’azur.

Dans mes veines afflue un sang de chérubin

Par où la joie éclose embrasse le futur.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:02

Thierry_Cabot_-_Les_vagues_de_l_abime.mp3
 
 
Les roulis de la joie ensoleillent les dunes.
Le sable qui palpite ourle l'océan pur.
Des goélands rieurs nés des blanches lagunes,
Fendent l'air infini de leurs ailes d'azur.

Sur les vagues, parmi l'écroulement des formes,
Le frisson d'une épaule éclot, délicieux,
Comme si l'onde même aux blonds ressacs énormes
Avait soudain voulu l'offrir à tous les yeux.

Puis un bras fin jaillit, puis une hanche trouble
Puis, envoûtante et lisse, une jambe en satin
Et, sortilège entier, dans une extase double,
Un visage inouï baigné d'un feu lointain.

La lumière plus molle enveloppe la rive.
Chaque homme à sa vue ose atteindre l'insensé.
Elle est belle, elle est jeune et pourtant, ô dérive !
Rôde au fond de son âme un au-delà glacé.




Poème extrait de la " Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 

 

Expérience de mort imminente

 

L'accident... l'hôpital, le chaos dans l'éclipse ;

Le lit blême cerné de murs d'apocalypse ;

Une forme ouateuse aux pas troubles et lents ;

Puis des voix dont l'écho n'est qu'un souffle à ses flancs.

Et tout à coup tunnel aspirant la lumière,

Le voyage, l'appel vers la blancheur première

Quand sous la monstrueuse écharpe de la nuit,

Du choc phénoménal jusqu'au temps déconstruit,

En ondoiements neigeux, en filaments de gaze,

Filtrent, baisers d'éveil, la splendeur et l'extase.

L'immensité l'enjôle avec tant de vigueur

Qu'il n'en discerne plus le bout ni la longueur.

Alors l'unique source à quoi l'âme s'unisse

Lui laisse apercevoir telle une pythonisse

Des lieux enluminés, des pays sidéraux

Où l'amour semble ailé d'arpèges de coraux.

Tout le sait fraternel, inouï, beau, sans crainte

Pendant que la ferveur aimante son étreinte,

Que face au plein azur, libre, debout, levé,

Seul il déploie un coeur infiniment sauvé !

Or voici que loyaux, comme de saintes fables,

Maints visages connus jaillissent ineffables

Et si chers et si bons qu'à travers l'au-delà

L'esprit voit s'élever leur indicible éclat.

Les uns lui disent : "viens, nous t'aimons, c'est ton heure."

Les autres d'un regard désignent sa demeure.

Par le soleil happé, houleux conquistador,

Il boit toutes les mers cachant des mines d'or.

Chaque brise qui l'oint, chaque fleur qui l'appelle,

Irrésistible, fait trembler l'aube nouvelle,

L'aurore inconcevable au lit de séraphin

Sur le sein de laquelle il eût pu vivre enfin...

Mais bientôt à regret l'espace blanc recule ;

Et quelque lourde masse ignoble et ridicule

Geint dans la salle froide où le vide la mord.

Quelqu'un souffle à mi-voix : "ô ciel, il n'est pas mort."

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

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Published by Thierry CABOT
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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:02

Mots clés de l'oeuvre :  lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.





Ils rôdent, spécieux, le long des couloirs glauques,
Nourris de hargne molle et de sots règlements,
L'esprit tout emmuré dans de vains soliloques
Où l'Etat vermoulu vide ses excréments.

Autour d'eux, ce ne sont que blâmes et requêtes
Vomis sous la grammaire aveugle des décrets ;
Ce ne sont que doigts secs blêmis par les enquêtes
Et les mesquins travaux délirants et secrets.

Pour ceux que leur bêtise épouvantable lorgne,
Ils mâchent des courriers soigneusement pervers
Au fil desquels aboie un code étrange et borgne
A cause de trois mots alignés de travers.

L'oeil torve du mépris leur tient lieu de réponse
Si quelque fou rebelle ose élever la voix,
Ou mieux, ils vont crachant une raide semonce
Fière comme un nigaud juché sur un pavois...


Bureaucrates vengeurs affamés jusqu'à mordre,
Gratte-papiers goulus à l'aplomb infernal,
Ils sauront d'un oukase enflé tel un mot d'ordre,
Nous assigner un jour devant leur tribunal.

Et loup parmi les loups dans cette horrible enceinte,
L'un ou l'autre demain nous brisera le front,
Puis sur l'autel sanglant d'une loi sacro-sainte,
Ils nous dévoreront ! ils nous dévoreront !


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

 

http://www.communique-de-presse-gratuit.com/presse/toulouse



  

Crépuscule

 

Tout au loin, par-dessus la mémoire enneigée,

Tremblote une lueur au soupir grelottant.

Que bafouille le monde avec sa voix plongée

Dans l'incommensurable énigme de l'étant ?

 

Sais-je encore moi-même où j'incline la tête ?

Aujourd'hui si fugace a des airs d'autrefois.

Je promène l'écho d'un ancien quintette

Dont chaque note ailleurs scintilla tant de fois.

 

Veille ou sommeil, qui mord ainsi ma chair pensante ?

Qui me tue à feu doux ? O poids du sablier !

Accentuant la ride effilée, oppressante

Que l'on voudrait sans cesse abolir, oublier.

 

Quels visages défunts autour de moi s'emmêlent ?

Je croule face au temps comme saigne un martyr ;

Et près des dieux blessés qui morfondus grommellent,

Il ne me reste plus de grand songe à bâtir.

 

Bâtir quoi ? Le jour mort dessèche ma figure.

L'hiver mange l'été depuis trop de longs soirs.

Age tendre, jeunesse ; aucun ne se figure

Comment les vieillards gris bredouillent leurs bonsoirs.

 

L'oeil écumeux, parmi la foule obscure et vague,

Je crois voir s'établir toutes les nations,

Puis les siècles portés par une immense vague,

Renverser tour à tour les générations.

 

La mienne déjà pleure, usée au bord des tombes.

Elle appelle en lambeaux l'enfance là qui luit.

"Mon vieux corps" dis-je amer, "sur le sol, tu retombes

Avant de te coucher, nul ne sait quand, sous lui."

 

Fourbe, un idéal feint d'ailer son parachute

Et me hache les os à souffrir et souffrir.

Dois-je vers l'ombre ultime errer de chute en chute ?

Dois-je étreindre le mal cent fois pour en mourir ?

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:59
 

Lève le camp. Ils meurent tous de ne point vivre.

Chez eux, à coups félons, halète la rancœur.

A les voir écumant, l’œil jaune et le poing ivre,

Qui ne leur jetterait son idéal au cœur ?

 

Oh ! cependant, il est quand même aussi des hommes

Dont le rêve à tâtons secoue un pan du ciel,

Et que loin de l’alcôve où laidement nous sommes,

Le temps fait rayonner comme l’amour sans fiel.

 

Poète, sois des leurs dans ta musique ardente.

La bouche de l’ignoble enfante les vieillards.

Deviens celui qui pose un fabuleux andante

Sur les chemins fourbus et noyés de brouillards.

 

Sois tout ce que d’aucuns voudraient t’empêcher d’être.

L’abominable siècle osera-t-il jamais,

Au fond de l’avalanche obscène du paraître,

Ensevelir ta voix promise aux blancs sommets ?

 

Non, ce n’est pas demain que se tairont les anges.

Des ailes tour à tour ébauchent leur envol.

Les vivants sont ailleurs, nés pour d’autres vendanges

Et doués d’une flamme à soulever le sol.

 

Nul mieux que toi ne court du brin d’herbe à l’étoile ;

Nul ne raconte mieux le sublime et le saint ;

Nul encore quand l’aube immobile se voile,

Ne sait mieux conquérir quelque mouvant dessein.

 

Avec tes mots brandis au cœur loyal des choses,

Le vertige est plus clair et le sort plus aigu,

Le vent goûte, assoiffé, de foisonnantes roses

Et l’éden cajoleur n’a plus rien d’ambigu.

 

Aucun n’embrasse mieux les destins ou les mondes ;

Et s’échappant, filant, vibrant jusqu’au soleil,

S’illuminent en chœur ces minutes fécondes

Qu’en vain, mirage amer, on enlace au réveil.

 

Tu nous connais si bien du feu de tes mains pleines ;

Tu déroules si haut les cantiques des forts :

Echarpe longue et chaude, hymne au-dessus des plaines,

Embrasement levé parmi les vastes ports.

 

Combien chez toi l’oiseau, le nuage et la foudre

Ont la suavité d’un éclat de velours ;

Combien dans la fleur même en train de se dissoudre,

Tu suscites la graine où tout revit toujours.

 

Toujours ! les nids fameux, l’abeille qui s’étonne,

Toujours ! l’été nomade aux éclairs palpitants,

Le bois charnel ému sous les doigts de l’automne

Et l’hiver consumé par la foi du printemps… 

 

Mais tout à coup, mais tout à coup ce flot vacille.

Un maléfique trouble ensemence la peur.

Le vulgaire allongé tel un mesquin bacille,

Empoisonne ton verbe emplumé de torpeur.

 

A terre, blême, éteint, le sommeil sur la joue,

Tu ne cultives plus que des mots expirants

Pendant que la bêtise infatigable joue

A travers les faisceaux lumineux des écrans.

 

Poète, hélas ! il est bien tard ; à peine était-ce

Une chimère peinte aux lèvres de l’ennui.

L’heure est au haïssable, au vide, à la tristesse

Et la malignité n’aime que trop sa nuit.

 

Nulle âme ne fendra les confins nus des songes.

Va, tu n’es déjà rien avec ton bleu pavois.

Le troupeau gigantesque et repu de mensonges,

Bêle à n’en plus finir pour étouffer ta voix.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:58

Thierry_Cabot_-_A_un_poete.mp3

 

 

 

Lève le camp. Ils meurent tous de ne point vivre.

Chez eux, à coups félons, halète la rancœur.

A les voir écumant, l’œil jaune et le poing ivre,

Qui ne leur jetterait son idéal au cœur ?

 

Oh ! cependant, il est quand même aussi des hommes

Dont le rêve à tâtons secoue un pan du ciel,

Et que loin de l’alcôve où laidement nous sommes,

Le temps fait rayonner comme l’amour sans fiel.

 

Poète, sois des leurs dans ta musique ardente.

La bouche de l’ignoble enfante les vieillards.

Deviens celui qui pose un fabuleux andante

Sur les chemins fourbus et noyés de brouillards.

 

Sois tout ce que d’aucuns voudraient t’empêcher d’être.

L’abominable siècle osera-t-il jamais,

Au fond de l’avalanche obscène du paraître,

Ensevelir ta voix promise aux blancs sommets ?

 

Non, ce n’est pas demain que se tairont les anges.

Des ailes tour à tour ébauchent leur envol.

Les vivants sont ailleurs, nés pour d’autres vendanges

Et doués d’une flamme à soulever le sol.

 

Nul mieux que toi ne court du brin d’herbe à l’étoile ;

Nul ne raconte mieux le sublime et le saint ;

Nul encore quand l’aube immobile se voile,

Ne sait mieux conquérir quelque mouvant dessein.

 

Avec tes mots brandis au cœur loyal des choses,

Le vertige est plus clair et le sort plus aigu,

Le vent goûte, assoiffé, de foisonnantes roses

Et l’éden cajoleur n’a plus rien d’ambigu.

 

Aucun n’embrasse mieux les destins ou les mondes ;

Et s’échappant, filant, vibrant jusqu’au soleil,

S’illuminent en chœur ces minutes fécondes

Qu’en vain, mirage amer, on enlace au réveil.

 

Tu nous connais si bien du feu de tes mains pleines ;

Tu déroules si haut les cantiques des forts :

Echarpe longue et chaude, hymne au-dessus des plaines,

Embrasement levé parmi les vastes ports.

 

Combien chez toi l’oiseau, le nuage et la foudre

Ont la suavité d’un éclat de velours ;

Combien dans la fleur même en train de se dissoudre,

Tu suscites la graine où tout revit toujours.

 

Toujours ! les nids fameux, l’abeille qui s’étonne,

Toujours ! l’été nomade aux éclairs palpitants,

Le bois charnel ému sous les doigts de l’automne

Et l’hiver consumé par la foi du printemps… 

 

Mais tout à coup, mais tout à coup ce flot vacille.

Un maléfique trouble ensemence la peur.

Le vulgaire allongé tel un mesquin bacille,

Empoisonne ton verbe emplumé de torpeur.

 

A terre, blême, éteint, le sommeil sur la joue,

Tu ne cultives plus que des mots expirants

Pendant que la bêtise infatigable joue

A travers les faisceaux lumineux des écrans.

 

Poète, hélas ! il est bien tard ; à peine était-ce

Une chimère peinte aux lèvres de l’ennui.

L’heure est au haïssable, au vide, à la tristesse

Et la malignité n’aime que trop sa nuit.

 

Nulle âme ne fendra les confins nus des songes.

Va, tu n’es déjà rien avec ton bleu pavois.

Le troupeau gigantesque et repu de mensonges,

Bêle à n’en plus finir pour étouffer ta voix.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

 



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  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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