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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 14:21

 

 

 

Un souffle amical et berceur

Emplit soudain ma tête avare ;
Océan nu, délice rare
Pleurant des vagues de douceur.

Et c'est d'abord une onde brève
Dont la voix s'enfle par degrés,
Puis, frisson vaste au mots nacrés,
Une poétique de rêve :

Aérienne densité,
Bondissement ravi des astres,
Chocs où fulgurent les désastres
En sourdes nappes de clarté.

Magie et soif, patrie ultime
Qu'un même trouble aile et confond ;
Sous la musique, tout le fond
Vertigineux de chaque cime ;

Oui, l'écho foudroyé d'où sort
L'appel total qui nous ressemble ;
L'image et l'émoi tout ensemble
Pétrifiés dans leur essor !


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot





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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 10:04

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.




Ce fut l'écroulement du dernier bel été.
Les arbres gémissants ployaient leur chevelure,
Et vous portiez sans fin une étrange fêlure
Où frissonnait le glas d'un aveu redouté.

Vos jolis bras transis dans le soir hébété,
Semblaient deux oiseaux blancs couturés de blessures,
Deux colombes criant sous la faux des morsures
Et fouillant, le coeur trouble, un ciel décapité.

O chair longtemps promise aux plus douces veillées !
Chair vivante et rieuse aux fleurs ensoleillées !
L'incoercible hiver te prend par chaque bout.

Mais souriez, mon ange, et déployez vos ailes
Car je saurai demain, comme un prince debout,
Recouvrir mon amour de glaces éternelles.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot


 


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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 09:31

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 


Ah ! pourquoi de nouveau ce trouble qui désole
Ton chancelant regard aux cils mélodieux ?
L'aube a-t-elle sanglé sa froide camisole ?
Des sanglots mal éteints font défaillir tes yeux.

Et ta voix... ta voix même, à la plainte si molle,
Semble avoir suspendu son cours délicieux.
Ah ! pourquoi donc ce souffle orphelin, sans parole,
Lorsque ta lèvre seule éblouirait les cieux ?

Toi, libre d'une vie à l'instant moissonnée,
Tu t'envoles ailleurs, loin, vers ta destinée,
Comme un papillon blanc soûlé par le désir.

Alors soudain, pourquoi jaloux de l'autre monde,
Voudrais-je maintenant t'arracher ton plaisir,
Lâche d'un poids terrestre aussi cruel qu'immonde ?


Poème extrait de la " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 09:22

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 


En ai-je assez fait des pas sur la terre,
Le corps étouffant d'un mal exécré.
En ai-je connu ! pâle et solitaire,
Des jours... qui cent fois m'ont désespéré.

Hélas ! il fallait sans cesse me taire
Comme un pauvre chien au coeur lacéré.
Ma douleur avait l'effroi du mystère,
Je ne savais plus le nom du sacré.

Puis sur des chemins perdus, loin des villes,
J'allais épousant les nuits les plus viles,
La mort, chaque fois, hantait mon réveil.

Et je me disais : " non, rien ne nous aime.
A peine ai-je vu luire le soleil.
Ont-ils existé ? mes voeux de baptême. "


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 19:26

Ida

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.




Allons saisir, Ida, la clef neuve du monde.
L'aurore a devant nous des charmes de satin.
Viens longtemps m'émouvoir de ta lèvre féconde
Et t'abandonner, frêle, à ton jeune matin.
Tu t'éveilleras nue au vent de l'innocence,
Comme aux caresses d'or d'une nouvelle enfance ;
L'enfance peut guérir le mal qui nous atteint.

Ida, tu m'es plus douce à chaque heure écoulée.
Ida, je te découvre, Ida, je te bénis.
Tu chantes la lumière à ma muse accablée
Et constelles mon front de secrets infinis.
Quels sublimes liens nous rattachent aux choses ?
Je sens naître à nos pieds d'éblouissantes roses
Dont les parfums ténus rendent les coeurs unis.

Ailleurs ! peut-être ailleurs ! se cache l'allégresse.
Fuyons ! Ida, fuyons, notre ironique sort !
Le quotidien nous tue à force de tristesse
Et porte avidement l'image de l'effort.
Moi, je veux vivre, Ida, mais vivre sans mensonge
En puisant dans tes mains le fier éclat d'un songe
Que ton amour a mis au-dessus de la mort.

Ida, livre-toi pure à la musique d'être.
Laissons choir les mesquins, les vils et les jaloux.
Ressuscite avec moi le feu qui nous pénètre.
Ton rire illuminé sait confondre les loups.
Nous ferons de nos voeux chaque minute reine
Afin que se déploie, ingénue et sereine,
Cette langue oubliée au plus profond de nous.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 19:10

 


Assez ! de voeux noyés dans le sang des épreuves.
Laissez-moi, près de vous, bâtir des cités neuves,
Rutilantes ! sans fard ! justes comme à souhait !
Où l'on aime toujours plus fort que l'on ne hait ;
Des villes de légende aux formes inouïes,
Foudroyant le malheur en gerbes éblouies,
Et qui, toutes, feront sous l'éclat de leurs murs,
Briller suavement les yeux les plus obscurs.
Hourra ! le peuple exulte affolé d'espérance !
Le peuple ! horde vive ! extase et fulgurance !
Un fleuve entier ! conquis par de vastes desseins
Et loin duquel fuiront tous les mots assassins !...
Hélas ! mais faudrait-il que quelqu'un me réponde ?
Je ne changerai pas les hommes ni le monde.
Mes vers, mes pauvres vers ont-ils jamais été
Autre chose qu'un rêve à demi déserté ?


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 16:43





Dans l'air vicié, le bruit dégueulant sur l'asphalte ;
L'enfer vil de la tôle éructant jusqu'au ciel ;
Des vitres laissant voir, enlaidis par le fiel,
Des visages de mort que jamais rien n'exalte ;

Une mer de capots hurlant, foudre et basalte ;
Partout la fumée âcre au nez pestilentiel ;
Et des milliers de fous, déchus de l'essentiel,
Dont pas un n'ait l'envie au moins de crier : " halte ! "

O cauchemar ! tant d'yeux ! dévorés de soupçons
Au milieu de l'horrible aboiement des klaxons ;
Tous ces coeurs mutilés ! saignant du même rêve ;

O quotidien cent fois imbécile et brutal !
Hallucinant décor ! où défilent sans trêve
Des pans de vie entiers reclus dans le métal !


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 21:11

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 

Haleines et regards figés dans la lumière,
Beaux visages fuyant sous les langueurs du soir,
Des anges radieux flottent sur ma chaumière,
Des anges qui me font caresser tout espoir.

Car en moi, l'insoumis, dont la douleur haineuse
Aiguisait la révolte à chaque nouveau jour,
Etrangement s'élève une paix lumineuse
Pleine de berges d'or et de sanglots d'amour.

Alors mon coeur entier bondit avec mon âme,
Un élan me secoue, une étoile m'acclame,
Je rayonne à travers les flots purs de mes jeux ;

Et la pauvre maison où j'errais tout à l'heure,
Devenue un palais aux sourires neigeux,
Monte vers le soleil comme un vaisseau qui pleure.



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 20:57

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 

On vient au monde
A pas menus,
Et comme dans nos coeurs l'espérance est féconde,
Hélas ! Chacun veut croire en des lieux vrais et nus.

Hommes las, votre gouffre,
C'est le mien et je souffre.

Que nous sommes ingénus !

Puis les années 
Avec l'amour,
Nous cachent que nos fleurs seront vite fanées
Et qu'un enfant demain va brûler à son tour.

Hommes las, votre gouffre,
C'est le mien et je souffre.

D'autres aiment, quelque jour.

On vit, on sème
L'éternité,
Mais sans répit s'écroule une part de soi-même,
Comme une trahison, comme un rêve infecté.

Hommes las, votre gouffre,
C'est le mien et je souffre.

Oh ! peut-on avoir été ?



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 21:44

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 


Là, chastement, la haine avait fui nos paupières,
Le temps n'aiguisait plus que la froideur des pierres ;
Et quelque part au loin, un grave, un beau secret
Déroulait jusqu'à nous des ferveurs singulières
Dont l'espace lui-même en riant s'enivrait.

Là, sans honte, abdiquait toute lune mauvaise,
Les gestes et les mots longtemps frissonnaient d'aise,
Là, sous l'aile tremblante et large du désir,
Nous vivions dans l'éclat d'un grand jour qui s'apaise
Pour une éternité merveilleuse à saisir.

Ah ! De combien d'amour nos âmes étaient pleines !
Des rêves s'allumaient aux yeux des châtelaines,
Et sur la terre en songe, à l'appel de la nuit,
Les vents délicieux confondaient leurs haleines
Comme un soupir du monde exhalé malgré lui.

Puis, quand l'aube ingénue éveillant mille fêtes
Noyait de fièvre douce et les coeurs et les têtes,
Une invisible joie échappée à nos mains
Faisait un clair tableau de voluptés secrètes,
Où sur nous se penchaient les plus purs lendemains.



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot



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  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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