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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 14:41

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.


 

François Villon

Du fond des temps, Villon, comme une pure cime ;
Foi sourde, chaude haleine au grand souffle attristé,
Prêtre de l'au-delà, voyou lâche et sublime
Terrifiant et sanglotant d'humanité.

Pierre de Ronsard

Sous ta plume, Ronsard, monte en un bleu sourire
Le suc des matins frais succulents de couleurs.
Dans l'orgueil de tes mots, une belle se mire
Et célèbre à la fois ton génie et ses fleurs.


Alfred de Vigny   

Délicieux Vigny qui d'un vaste poème
Sut tisser la lumière à laquelle on rêva :
Silences murmurés, frisson d'écho suprême,
Prodiges soupirés à la lèvre d'Eva.

Victor Hugo

Ton sang herculéen fait trembler nos limites ;
Hugo, Satan céleste, âme en deuil, pâtre nu,
Hugo, soleil énorme éclaboussé de mythes,
Qui sculpte l'innommable et cueille l'ingénu.

Gérard de Nerval

Des flots denses nimbés de magie et de moire
Polissent ta voix pleine aux suaves grandeurs.
Nerval, pionnier d'un monde entre songe et mémoire,
Dont nul n'a jusque-là retrouvé les splendeurs.

Charles Baudelaire

Au drapé de ton style orageux et solaire,
Tes cris ont la langueur des ciels qui se défont.
Avons-nous assez dit qu'en toi seul, Baudelaire,
Saigne le plus terrible et sourd le plus profond ?

Stéphane Mallarmé

L'énigme ciselée en des bijoux d'absence
Parachève ton sacre, ô lisse Mallarmé !
Blanc sortilège éclos d'un gouffre d'impuissance !
Tel est l'art pour lequel tu fus si bien armé.

Paul Verlaine

Salué par les dieux, tu fais couler, Verlaine,
Toute une aube perlante exquise à contre-jour.
Tes vers semblent jaillir d'un écheveau de laine
Pour chatouiller nos coeurs de friselis d'amour.

Arthur Rimbaud

Stupidement noyé sous de vilaines gloses,
Te revoilà giflant les scribes ennuyeux ;
Rimbaud qu'un feu vital agite au pouls des choses
Et dont le verbe court plus vite que nos yeux.

 

Emile Nelligan

 

Ah ! Nelligan ! L'abjecte imposture des hommes

Te poussa, loqueteux, vers les nuits de l'hiver.

Ange bouleversé par tant de noirs fantômes

Que l'or jaillit cent fois de ton coeur entrouvert.

 

Guillaume Apollinaire

Apollinaire, toi ! le magique, le tendre
Chez qui flotte une plainte et pleurent des aveux ;
D'une eau fugace à Lou, combien l'on peut entendre
Une onde mélodique éternelle à nos voeux !

Paul Valéry

A quel chimiste aigu, plein de trouble finesse,
Doit-on ces joyaux clairs où se mêlent, si purs,
Des mots fluides et chauds élus pour leur jeunesse
Et l'adorable choc de pépites d'azurs ?

Henri Michaux

Michaux que tout excède et que rien ne censure ;
Métaphysique laboureur se flagellant ;
Héros teigneux pressé de fouiller sa blessure ;
Père d'un " Plume " idiot, lunaire et stimulant.

 

 René Char



Tu fais gronder sans peine avec ta flèche ultime
Le scalpel de la foudre et le cri du chacal.
Icône fulgurant ! Coup de poing dans l'abîme !
Char tellement fécond et si peu musical. 




Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 



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Published by Thierry CABOT
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Johanne 15/12/2010 02:48


Cher Thierry!!! Votre quatrain sur Émile Nelligan est une pure merveille!!! Vous avez raison...le temps peut être notre pire adversaire! Surtout lorsqu'il sépare d'un siècle deux grands poètes qui
auraient pu s'aimer...s'entraider comme des frères!!! Mais ce même "temps" vous doit à tous les deux une rencontre qui sera cette fois Éternelle!!! Je vous embrasse!!! Johanne


Thierry CABOT 15/12/2010 08:52



Merci, Chère Johanne. Votre message m'a beaucoup touché. Mais il faut souvent du recul pour mesurer pleinement la valeur d'une oeuvre littéraire.


Emile Nelligan devait en toute légitimité figurer dans ce "Panthéon poétique". Comment ne pas en être convaincu en lisant et relisant nombre de ses vers ? Il y a chez lui
quelque chose d'unique qui frappe l'imagination du lecteur.


"Moi qui marche à tâtons dans ma jeunesse noire", quel merveilleux alexandrin !


A bientôt. 


Votre ami, Thierry


 


 


 


  



alain leclef 29/10/2009 23:22


Lu et bien lu vos vers... sur Rimbaud bien sûr mais aussi Villon ( Frères humains...) Connaissez-vous la musique, qui est superbe, que Léo Ferré a composé sur la balade des pendus!...
Connaissez-vous ce poète québecois, frère d'Arthur... Emile Nelligan ?...
Bien à vous.
alain leclef


Thierry CABOT 29/10/2009 23:57



Je ne connais pas la musique que le grand Léo a composée sur "La Ballade des pendus" de François Villon (merci pour cette précieuse information).
J'ai lu, en revanche, beaucoup de poèmes de Emile Nelligan que je considère comme un grand poète. "La Romance du vin" notamment est une oeuvre saisissante.
Dans "Nature et Culture en Hautes-Terres" j'ai eu l'occasion de m'expliquer sur mes choix, eux-mêmes subjectifs.
Bien cordialement.

Thierry



une S.B.F...(Sans Blog Fixe) 18/10/2009 23:27


Je verrai, si tu veux, les pays de la neige,
Ceux où l'astre amoureux dévore et resplendit,
Ceux que heurtent les vents, ceux que la neige assiège,
Ceux où le pôle obscur sous sa glace est maudit.
Nous suivrons du hasard la course vagabonde.
Que m'importe le jour ? que m'importe le monde ?
Je dirai qu'ils sont beaux quand tes yeux l'auront dit.

(Alfred de Vigny), Les Destinées (1844)...
-----------------------------------------
(à suivre mon "petit" cadeau pour ne pas arriver toujours les mains vides...)
-------------------------------------

Ainsi parlait Vigny à la mère de Hommes
Divine pécheresse qui tenait dans sa paume,
Le fruit que l’éternel offrit contre un royaume,
Quand l’homme y préféra la douceur de la pomme

Eva,
Dieu contemple la femme aux miroirs de son âme,
Et emprunte une étoile à celle du berger,
Éternel féminin d’où part nos destinées,
Tu réchauffes en ton nom et partage ta flamme.

Eva,
Tu montres le chemin, là bas sur l’horizon,
Auréolée de grâce et nimbée de lumière,
Lève ton doigt au ciel pour avertir la terre,
Sans jamais t’assombrir du fatal abandon.

Eva,
N’implorant pas des dieux la douceur d’un pardon,
Et plus haut sur nos fronts lève ta tête fière,
Que les soleils levants entendent ta prière,
Ta clarté te défend d’être un gouffre profond.

Eva,
Dieu garde en sa gorge tes voyelles secrètes,
Eternel Amoureux de ta douce faconde,
Il dévore ta flamme au feu qui s’y projette,

Et Va,…
Pleurer ton nom sur la terre qui gronde…

------------------------------
je vous envoie ma modeste contribution
parce qu'Éva, m'avait déjà inspiré quelques rimes en hommage...


une S.B.F...(Sans Blog Fixe) 18/10/2009 23:11


Ils sont venus ils sont tous là ...

Certes la liste n'est pas exhaustive mais le mérite est grand...

Ouf vous avez cité De Vigny avec "la maison du berger" et sa lettre à Eva ...sublime ...
Quoi que ,
(dans un autre registre)"la mort du loup" l'est tout autant ...et tant d'autres qu'il a écrit..

Baudelaire Hugo...et j'en passe ...
tant et tant d'autres ...

liste non exhaustive certes mais
au panthéon je rajouterai

Aragon et
- Les yeux d'Elsa
-Que serais-je sans toi
-La rose et le réséda (la Diane Française)etc...

et Lamartine,( mais en vrac)... parce que je prends tout là encore.!..


chris bernard 01/02/2009 16:11

J'ai eu plaisir à faire la connaissance de quelques-uns de vos textes et en ai apprécié la prosodie.

Thierry CABOT 01/02/2009 22:49


J'ai été particulièrement sensible à votre message dont je tiens à vous remercier.
Amitiés.

Thierry


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  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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