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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:05
 

Reste-t-il pour ma joie une obscure pépite,

Une aile diaphane au halo d’une yèble ?

Dans le jour cimenté, nul oiseau ne palpite

Et je m’étonne d’être et si pâle et si faible.

 

Car quelle fée ou sainte ici m’arrachera

Aux brumes endeuillant le ciel fourbe d’avril ?

Avril que cette année en son sommeil ingrat

Rend plus morne que tout sous les pleurs du grésil.

 

Où se cache le rêve exalté sur ma route ?

Où s’agite la soif ? Où bouillonne le tendre ?

J’ai tant cru, j’ai tant cru que j’égrène le doute

Avec mes frêles doigts qui se meurent d’attendre.

 

Fantômes, laissez choir vos masques ennemis.

Allez sans trouble aucun vers des lieux moins amers.

Non, non, je ne veux plus que les envols promis

Ne roulent comme flots que les larmes des mers.

 

A l’horizon timidement, l’espace bouge.

Plume, caresse, miel ; de nouveau puis-je croire ?

Et fuir… à jamais fuir l’insoutenable bouge

Dont j’avais entrouvert une porte illusoire ?

 

Mais l’air mouillé d’ennui pèse à narguer le temps.

A peine un souffle au loin harcèle les ajoncs.

Aux plis du manteau rêche en sanglots du printemps,

Je n’ai toujours pas vu refleurir des pigeons.

 

Hélas ! ils ont comme eux rejoint la même absence,

Les élixirs goûtés à la chair d’une étreinte ;

Elle erre au fond des nuits, l’heure de ma naissance

Où je m’imaginais vierge de toute crainte.

 

Ai-je bien su d’ailleurs quel âge était le mien ?

Les semaines, les mois ont tournoyé sans fin ;

Et je fus tour à tour vicaire et bohémien,

Marginal et soldat, riche et crève-la-faim.

 

Au cœur de l’étendue, ombrageux, l’âme blême,

Je ne sens désormais que grisaille et malaises.

Me voilà maintenant presque sourd à moi-même

Tandis que l’inconnu dresse en moi ses falaises.

 

La terre somnolente aiguise ma douleur.

Pas un jeu, pas un don, pas un cri d’animal.

Que voir quand le matin n’a ni feu ni couleur ?

Jamais premier avril ne m’a fait aussi mal.

 

Oh ! de ce froid, comment, oui comment me défaire ?

Le silence figé semble coudre la nue.

Rien n’a pu jusque-là secouer l’atmosphère,

Et j’épie un frisson comme un cœur s’exténue…

 

Or déjà quelque éveil aux langues des roseaux

Attache, imperceptible, une aile de velours.

On dirait qu’à l’affût les lumineux oiseaux

Sèment les chuchotis tremblotants des beaux jours.

 

Cela monte et s’accroît ; ma cervelle divague.

Est-ce l’espoir qui chante ou la source qui pleure ?

La vie enfle soudain telle une jeune vague.

Je ne suis plus l’errant mal aimé tout à l’heure.

 

Mon Dieu ! cet éclat vif, cette naïade au bain,

Ce vol bientôt, ce vol déployé vers l’azur.

Dans mes veines afflue un sang de chérubin

Par où la joie éclose embrasse le futur.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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commentaires

aguigui 05/02/2014 13:09

c'est beau c'est du veau ?

marlou 24/08/2013 19:35

Superbe de poésie ! Voilà le poete qui nous emporte sur cette vague merveilleuse. O magie des mots !
Amitiés

Thierry CABOT 24/08/2013 23:20



Chère Marlou.


Merci pour ce message si chaleureux !


A très bientôt.


Bien amicalement.


Thierry



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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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