Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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Expérience de mort imminente
L'accident... l'hôpital, le chaos dans l'éclipse ;
Le lit blême cerné de murs d'apocalypse ;
Une forme ouateuse aux pas troubles et lents ;
Puis des voix dont l'écho n'est qu'un souffle à ses flancs.
Et tout à coup tunnel aspirant la lumière,
Le voyage, l'appel vers la blancheur première
Quand sous la monstrueuse écharpe de la nuit,
Du choc phénoménal jusqu'au temps déconstruit,
En ondoiements neigeux, en filaments de gaze,
Filtrent, baisers d'éveil, la splendeur et l'extase.
L'immensité l'enjôle avec tant de vigueur
Qu'il n'en discerne plus le bout ni la longueur.
Alors l'unique source à quoi l'âme s'unisse
Lui laisse apercevoir telle une pythonisse
Des lieux enluminés, des pays sidéraux
Où l'amour semble ailé d'arpèges de coraux.
Tout le sait fraternel, inouï, beau, sans crainte
Pendant que la ferveur aimante son étreinte,
Que face au plein azur, libre, debout, levé,
Seul il déploie un coeur infiniment sauvé !
Or voici que loyaux, comme de saintes fables,
Maints visages connus jaillissent ineffables
Et si chers et si bons qu'à travers l'au-delà
L'esprit voit s'élever leur indicible éclat.
Les uns lui disent : "viens, nous t'aimons, c'est ton heure."
Les autres d'un regard désignent sa demeure.
Par le soleil happé, houleux conquistador,
Il boit toutes les mers cachant des mines d'or.
Chaque brise qui l'oint, chaque fleur qui l'appelle,
Irrésistible, fait trembler l'aube nouvelle,
L'aurore inconcevable au lit de séraphin
Sur le sein de laquelle il eût pu vivre enfin...
Mais bientôt à regret l'espace blanc recule ;
Et quelque lourde masse ignoble et ridicule
Geint dans la salle froide où le vide la mord.
Quelqu'un souffle à mi-voix : "ô ciel, il n'est pas mort."
Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"