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Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "

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Précipice J'ai huit ans

 

 Précipice

 

 

Les fracas du néant font tanguer ma cervelle.

Rien dans le matin gris, ne semble croire au jour.

Un cauchemar lancé comme un Diable qui court,

Piétine de ma foi toute candeur nouvelle.

 

Poison ! Chaos ! Le monde en chute me rend soûl.

Sans corps ni lieu, je m’éparpille au gré des choses,

Roulant, roulant jusqu’à crier mes nuits moroses

Au bout d’un enfer glauque où le temps se dissout.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

 

 

J'ai huit ans

 

 

Voilà bientôt que se raniment comme en foule

Les délices d’un temps nimbé de joie et d’or,

Qu’au fond des souvenirs où la lumière dort,

Vient à ressusciter une enfance qui coule…

 

Je hume à l’infini les joyaux verts des monts

Et les prés capiteux moussant le long des plaines,

Tandis que, sous l’azur, les plus vives haleines

Emplissent de chaleur mes tout jeunes poumons.

 

Blottis au loin, quelques toits roux fument sans trêve.

J’ai l’âge du matin ébloui devant moi,

L’âge de celui qu’aime en sourdine un émoi

Promené d’heure en heure avec la même sève.

 

J’ai huit ans. Une mèche éclate sur mon front.

Je suis gai, je suis libre autant que nous le sommes

Mais j’ignore qu’ailleurs il se trouve tant d’hommes

Chez lesquels ces élans vite disparaîtront.

 

Le beau jour inouï me soulève et me porte ;

J’embrasse l’éternel, le visage en avant.

Juillet béni de feux tel un astre vivant,

Allume des frissons au coin de chaque porte.

 

Dans le bassin lui-même angélique et flâneur,

L’été baigne à loisir sa chevelure neuve,

De sorte qu’il n’est rien dont mon cœur ne s’émeuve

Quand les flammes des eaux s’étirent de bonheur.

 

J’ai huit ans. Mille objets se disputent ma vue.

Le soleil fait courir des nappes de cristal ;

Et je déploie au ciel du grand pays natal

Quelque divinité maintes fois entrevue.

 

L’âme d’un carillon s’égrène par instants.

Mon chemin refleurit de seconde en seconde.

Tout m’appartient : la vie et l’espace et le monde

Car ici pour toujours… j’ai huit ans ! j’ai huit ans !

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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M
La perfection des mots rehausse le ressenti du poème !<br /> Triste mais si beau...
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T
<br /> <br /> Chère Marlou,<br /> <br /> <br /> Merci beaucoup.<br /> <br /> <br /> Il va falloir que ma muse dorénavant emprunte des chemins plus ensoleillés.<br /> <br /> <br /> En toute amitié.<br /> <br /> <br /> Thierry <br /> <br /> <br /> <br />