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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 14:40

 

 

 

 

Ai-je longtemps conduit mes pas sans m'égarer ?

Moi l'enfant des soirs nains, que chaque pierre incise

Et qu'un pauvre idéal étreint jusqu'à pleurer

Devant le sein troublant d'une belle indécise.

 

Comment ! N'aurais-je pas en chemin assez vu

Les âges moutonneux dévorés par l'abîme ?

N'aurais-je pas su voir, chancelant, dépourvu,

L'être qui se défait dans la chair qui s'abîme ?

 

Oh ! j'ai vécu si mal, oui si mal, n'importe où.

Je n'ai jamais connu l'alphabet clair des choses

Ni le vrai ni le faux ni même encore tout

Ce que le rêve attache aux plus infimes causes.

 

J'ai promené mon doute et mon aspect changeant

Sur les débris épars d'on ne sait quel commerce,

A peine moins falot qu'un fétu surnageant

Au coeur de l'onde grise où le bien se disperse.

 

J'ai marché loin, trop loin, en vieil homme épuisé

Sous les nuages lourds des batailles perdues,

Fantôme du hasard, loqueteux, écrasé

Qui tend à l'infini ses deux mains éperdues.

 

Je n'ai rien deviné, je n'ai rien découvert,

Non rien que la tremblante amertume de vivre,

Ayant froid tout l'été, suffoquant tout l'hiver

Et confondant partout le soleil et le givre.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 

 

Désillusion

 

Plus que le chagrin,

Plus que la tristesse,

Tant de petitesse

Ignoble est sans frein.

Ah ! tout me contraint.

 

Aux hommes esclaves,

Pas même un essor.

Juste, maigre sort,

Leurs vanités hâves.

Ah ! j'ai les yeux caves.

 

Tels des vermisseaux,

Quel mal ! quel exemple !

Les marchands du Temple

Règnent, abyssaux.

Ah ! mes rêves sots.

 

Le monde, surprise,

S'est trompé d'enjeu ;

Quelquefois par jeu,

Souvent par bêtise.

Ah ! l'espoir se brise.

 

Qu'est-il advenu ?

Un cruel mécompte,

L'effluve d'un conte

Déjà trop connu.

Ah ! rien n'est venu.

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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commentaires

pyrausta 21/04/2012 19:19

je suis comme vous, je préfère les vers libres d'Ismael..Qu'il continue!

pyrausta 21/04/2012 19:16

Bonjour
On ressent une influence de Baudelaire..Non? le rythme des vers me plait beaucoup , le coté sombre aussi.
Dans la jungle que represente le monde des blogs vous allez sans doute vous tracer une route.
Courage!!

Olivier 01/12/2011 19:37

Un seul mot : parfait !

Thierry CABOT 01/12/2011 20:04



Merci, Olivier, pour vos mots si chaleureux.


"La Blessure des Mots" représente un travail poétique de longue haleine dans lequel je me suis efforcé de donner le meilleur de moi-même.


Bien amicalement et à bientôt.


Thierry



nell 25/09/2011 13:40


Chateaubriand écrivait :
"L'homme n'a pas besoin de voyager pour s'agrandir; il porte avec lui l'immensité. Tel accent échappé de votre sein ne se mesure pas et trouve un écho dans des milliers d'âmes : qui n'a point en
soi cette mélodie, la demandera en vain à l'univers. Asseyez-vous sur le tronc de l'arbre abattu au fond des bois : si dans l'oubli profond de vous-même, dans votre immobilité, dans votre silence
vous ne trouvez pas l'infini, il est inutile de vous égarer aux rivages du Gange."

Enfin, votre plume est plutôt adroite. :)


Thierry CABOT 25/09/2011 15:23



Merci pour votre belle citation !


Chateaubriand est un de mes écrivains préférés.


Bien amicalement.


Thierry



David 19/08/2011 09:07


Bonjour,

C'est pas très raisonnable de conduire sans jamais se garer, si je peux me permettre un jeu de mot sur ce poème-là. J'aime beaucoup son rythme, les exclamations "Oh !", "Comment !", il cabote non
loin du bateau ivre, bravo !


Thierry CABOT 19/08/2011 09:29



J'ai bien aimé votre commentaire teinté d'humour.


A bientôt, David.


Thierry



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  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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