Samedi 22 septembre 2007

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité. 




L'automne jeune et beau dans les plaines arides,
Vibrait ingénument de ses feux redoublés ;
Tes longs cheveux blanchis, en flots amoncelés,
Mangeaient ton clair visage aux lumineuses rides.

Et je te voyais là, doux fantôme incertain
Contemplant sur mon front une ou deux mèches grises,
Et je sentais sur moi tes prunelles éprises
Qui semblaient repousser quelque démon lointain.

Vingt ans avaient coulé, perfides comme une onde,
Vingt ans de vain tumulte et de lits captieux
Où le temps avait mis de l'eau trouble en tes yeux
Et dans les miens l'amère inanité du monde.

J'étais le confident, le complice autrefois
Bien que dix mille jours fissent de toi l'aînée ;
Nous avions souvent eu la lèvre illuminée
Par des tableaux profonds et rieurs à la fois.

Cependant le vent tiède échevelait nos têtes ;
Tes fines mains déjà frissonnaient en fuyant ;
Dehors tout s'animait ; le soleil bienveillant 
Faisait avec éclat de nouvelles conquêtes.

Et sans même un regard et le coeur affamé,
D'une tremblante voix d'où montait une plainte,
Tu murmuras longtemps, vieille, la face éteinte :
" Oui, je t'ai bien aimé, bien aimé, bien aimé... "



Poème extrait de " La Blessure des Mots "
retenu pour une deuxième édition en préparation




http://www.ladenise.net

Par Thierry CABOT
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Publicité

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
podcasting sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus