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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 22:00



La pluie et le vent
Sur ton sein vivant
Roulent une eau grise.
Ils sont bien ailleurs,
Les soleils rieurs
Qui te rendaient grise.

A demi noyé,
Le portail mouillé
Puis les grilles mornes
Sifflent à mourir.
On ne voit fleurir
Qu'un sanglot sans bornes.

Sous ton noir chapeau,
L'émail de ta peau
Semble, deuil immense,
Pâle se figer,
Seul, comme étranger
A toute romance.

C'est déjà l'oubli.
Le jardin sali
Hèle en vain ses roses.
Et toi, que dis-tu ?
Pleine du têtu
Couperet des choses.

 


Poème extrait de "La Blessure des Mots"

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot



 

 

 

 

 

 

 








 





 




 

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 17:32

 

Faudrait-il que devant la raison dépolie,

Tu fusses tout à coup balayée à dessein ?

O mon impétueuse ! ô ma large folie !

Dont le splendide orgueil vole comme un essaim.

 

Allez ! tournons l’épaule au nez des rabat-joie.

Démolissons leur temple aux airs de mastroquet.

Il est temps de fleurir les alcôves sans joie

Avec notre ferveur en éternel bouquet.

 

Quelle folie ? O celle émue et clairvoyante

Qui sait voir dans la nuit chaque haleine du jour,

Et qui face au destin à la ligne fuyante,

Réarme son regard éclaboussé d’amour !

 

Celle où la vie énorme, où les mousseux cratères

Font sangloter leur lave ainsi que des titans ;

Celle que le matin veut douce à nos mystères

Et que le soir allume au chevalet du temps.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 12:06



La douleur le cisaille, infecte et venimeuse.
Une écharpe d'acier lui bande le cerveau.
Son amour né si pur dans le lit de la Meuse
A fini quelque part au fond du caniveau.

Et tandis qu'au dehors échevelant les herbes,
Décembre voit gémir la pauvre allée en pleurs,
Voilà que devant lui, baignés d'éclats superbes,
S'éveillent peu à peu des verbes cajoleurs.


Sur le clavier, les mots, tous les mots prennent forme.

Google à pleines mains d'un geste consolant,
Lui fait goûter et boire, irrésistible, énorme,
Une mer où noyer son inlassable élan.

Au son vertigineux des touches en furie,
Le rêve se déplace, offert de toutes parts.
L'écran multiplié, tourbillon et féerie,
Semble à chaque fenêtre ailer d'autres départs.

Il n'a plus mal... il vole, il s'échappe sans cesse,
Il capture des yeux au moins cent mille jours.
Et le web à la fin évoque une princesse
Dont, comme ensorceleur, l'aspect change toujours.




Poème extrait de  " La  Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 


 

 

 

 

http://www.zazecritoire.unblog.fr/


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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 09:13



Dans le jour atone,
De quoi suis-je fait ?
Mon pas se défait.
Chaque bruit m'étonne.

Sur moi des regards
Fondent en volutes,
Et mes vieilles luttes
Ont les yeux hagards.

O louche malaise
Au glacis d'airain,
Où le coeur n'étreint
Qu'un manteau de glaise !

Je ne sais qui ment.
L'aube va, muette.
Ma peureuse tête
Saigne obscurément.

Quoi, mais quoi comprendre ?
Tout est si diffus,
Et ce que je fus
N'est pas même à prendre.



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot
  

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 09:59

 

 

Sans doute à jamais tu regretteras

Le neigeux appel des bateaux à voiles,

Les sommeils toujours habillés d'étoiles,

Qui voyaient au ciel tressaillir tes bras.

 

Sur les flots d'un songe aux blancs opéras,

L'enfance peignait ses ors et ses toiles,

La tienne qu'amer ici tu dévoiles

A  ton coeur si vieux miné par les rats.

 

Combien semblaient purs les baisers volages !

Profonds les chants bus ! Vastes les voyages !

L'escalier fuyant riait sous tes pas.

 

Chaque matin neuf étreignant l'espace,

Faisait tournoyer comme des appas

Les sublimes fleurs de l'amour qui passe.

 

 Poème extrait de "La Blessure des Mots"

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 09:18



Tu viendras, je le sais, ma pure sentinelle,
Côtoyer ce que l'âme a de plus chavirant ;
Nos mains fines auront des éclats soupirant
Comme un baiser de feu dans une aube éternelle.

Le monde ne verra que ta chaude prunelle ;
L'espace immaculé semblera transparent ;
Vers le matin fécond redevenu plus grand,
Je m'élancerai loin, tel un dieu sous ton aile.

Des chapelets de rêve, amples, vertigineux,
Enlaceront nos coeurs de millions de noeuds ;
En toi, le ciel ému fera choir les étoiles ;

Et jusqu'au fond du temps cajolé par le jour,
Nous irons d'un vol saint, allégés de tous voiles,
Intensément mourir du sang de notre amour.



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 13:41


Mots clés clés de " La Blessure des Mots " : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité



Dès le berceau, ma langue au chatouillis d'eau claire,
Fine, élégante et souple avec des mots confits
Et qui, s'émerveillant dans la voix d'une mère,
Fit s'élever en moi de somptueux défis ;

Toujours sensible au coeur, ma langue bue à même
Le cristal ingénu d'adorables chansons,
Ma langue intime et forte et si géante même
Que je semblais plus grand, subjugué par tes sons ;

A l'égal d'un chef-d'oeuvre ennobli page à page,
Face au maître d'école habile à t'honorer,
Ma douce langue, tel un pur bouquet sans âge
Où toute l'âme en fleurs se laissait respirer ;

O ma langue brûlante aux yeux de messagère
Dont frissonne l'écho sur chaque homme ébloui !
Au chant de ta syntaxe orgueilleuse et légère,
Les peuples enchaînés rêvèrent l'inouï ;

Amoureusement lue, infiniment apprise,
Ma langue haute en grâce et belle en dons joyeux,
A la clarté suave, à l'euphonie exquise
Et grisée -ô combien !- de tours délicieux ;

Toi ma langue si libre au-delà de tes fleuves,
Marquée au souffle chaud des hymnes caressants,
Et chez qui l'étranger empli de notes neuves
Enlace le lexique à travers mille accents ;

Oui ma langue jaillie en fontaines de soie,
Délectable et limpide ainsi qu'un angelot !
Ma langue lisse comme une onde qui flamboie
Et dont maints grands auteurs ont enrichi le flot...

____________________________________________


Ah ! Que demain jamais rien de laid ne t'advienne !
Que rien ne puisse un jour te vaincre ou te ternir !
Ma langue à la fois tendre, affable et magicienne,
Ma langue sidérale énorme d'avenir.

Que pour des temps fameux, ton prestige demeure !
Qu'à lui seul ton génie allège un peu nos maux !
O ma langue où longtemps j'ai fixé ma demeure !
Ma langue où je mourrai, plein du ciel de tes mots.


Poème extrait de la " Blessure des Mots "

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 12:00

Ténèbres, lames étrangleuses

D’un cauchemar toujours nouveau.

Sommeils troués de nébuleuses

Forant les coins de mon cerveau.

 

Serpe du félon qui découpe

Ce lit aux traîtres barbelés

Sur lequel je hurle à la poupe

Des bateaux nains démantelés.

 

La nuit m’enserre comme un casque ;

Elle me tord, elle me coud ;

Sous ma tête, l’oreiller flasque

Tombe à me renverser le cou.

 

Sanglots diffus ! Piteux libelles !

Glaçante rive ! Atroces bois !

Contre les draps lourds et rebelles,

Se consument deux mains sans poids.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 08:45

Mots clés de "La Blessure des Mots" : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité

 

 

 

Comme j'ai pu dans tout semer des riens sans charme.

Comme j'ai face au vide aliéné mon sang

Et mis sur ma figure automnale en passant

Les écueils d'une plaie où bredouille une larme.

 

Chez l'homme, je n'ai vu que la pose ou l'alarme,

Que la haine écumeuse ou le moi grimaçant,

Et l'orgueil et le mal tour à tour s'abaissant

A camoufler la mort sous le plus laid vacarme.

 

Mais pour peu que le Ciel eût voulu me toucher,

Comme j'aurais couru de clocher en clocher

Avec toute la foi dont l'amour est prodigue.

 

Comme pour celui-ci, comme pour celui-là,

J'aurais fait s'écrouler chaque mur, chaque digue

Et su tendre la main aux fruits de l'au-delà.

 

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 17:58



Jeté sur le drap comme un objet sale,
Je t'ai sentie âpre avec mes doigts fins,
Mes doigts violets dans la chambre pâle
Au milieu du sourd ennui des couffins.

Puis gamin sans loi, piteux face au monde,
Tu m'as enterré despotiquement
Au fond d'un cloaque à toute heure immonde 
Entre une mère ivre et son veule amant.

Ecole à deux sous, chaos, plaie entière,
Coups échevelés jusques en prison ;
J'ai vu de toi, chienne, un grand cimetière
Où l'ignoble a même occis la raison. 

Et vieux aujourd'hui, béant sous les larmes,
Quelque chose en moi crève de fureur :
" Non ! jamais, jamais déposer les armes 
Devant ton visage avili d'horreur ! "

Des alcools haineux glaceront ma bouche ;
La nuit remuera le venin qui dort ;
Bourrasque infamante, éperdue et louche !
Je te giflerai pour me donner tort.



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

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  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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