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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 21:51

 

Quoi, tout me déserte.

Vains, si vains combats ;

L’orgueil jeté bas

Dans la fosse inerte.

 

Pauvre écho de rien.

Mon fantôme passe.

Et vers quelle impasse,

Vais-je, sot terrien ?

 

Brisement, mal-être

Là, sans contenu.

Le matin venu,

Jamais une lettre.

 

Au seuil endormi

De ma chambre morte,

Jamais une porte

Qui s’ouvre à demi.

 

Il pleut, non il neige

Sur le temps moussu.

Ce que j’avais su,

Le sais-je ? Le sais-je ?

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:33

 

Quelles taches ! Quelles tâches !

Combien je souffre… combien !

Jusqu’au seuil hurlant du bien,

Crépitent les armes lâches.

 

O le mal toujours vainqueur !

J’ai tellement froid au cœur.

 

L’homme - pourquoi ? - se sent ivre

De l’or bu sans coup férir.

A peine sait-il mourir,

Encore moins sait-il vivre.

 

O l’argent piètre et moqueur !

J’ai tellement froid au cœur.

 

Et tartuffe qui promène

Sa cautèle infiniment,

Et ment, inlassable, ment

Chaque mois, chaque semaine.

 

O le louche enfant de chœur !

J’ai tellement froid au cœur.

 

Dire qu’on tenait peut-être

L’essentiel entre nos doigts,

Dire qu’une seule fois

Enfin nous aurions pu naître.

 

O quel piteux crève-cœur !

J’ai tellement froid au cœur.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 15:01

 

Rieuse, je te vois sur la berge dansante

Me subjuguer, mon éternelle, ma passante,

De ton regard d’eau claire ample et vertigineux.

Quand s’animent tes pas, je m’entends vivre en eux,

Et tu sembles toujours au soleil qui te porte

Caresser d’un éclat la moindre feuille morte.

Sublimité rêveuse, étoile de jasmin,

Je te veux adorable encore après-demain ;

Car que le vent chantonne ou que le ciel rougeoie,

Toi seule tiens les fils superbes de ma joie.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:13

 

Infini poudroiement que le cœur large appelle,

O fécond trouble illuminé du sud au nord !

Voilà que loin là-bas se dresse une chapelle

Où l’amour sidéral flamboie autant que l’or.

 

C’est le moment, c’est Lui ; les gestes en cascades

Mêlent leur douceur tiède à l’ocre de nos yeux.

J’imagine des mains, blanches sous les arcades,

Célébrant l’éternel pour en bleuir les cieux.

 

Que par les mots tout neufs, l’espoir chu se soulève !

Qu’avec magnificence en robe de prélat,

Le Sacré fabuleux vienne exalter le rêve

Dans un commun prodige étonné d’être là !

 

Dansez, longues ferveurs, au baiser de l’extase.

Riez, torrents du bien si chèrement fêté.

Nous nous habillerons de saphir, de topaze

Et des fleurs et des nids qui louangent l’été.

 

L’été longtemps cherché du fond de notre souffle

Parmi les sentiers clos et les chemins griffus,

L’été qu’après l’hiver que le frimas boursoufle,

La clarté pose, chaud, sur nos désirs touffus.

 

Comme nous déploierons l’insensé, l’indicible

Jusqu’au bord de l’écume ineffable du beau.

Comme à chaque frisson, tout deviendra possible.

Comme je le voudrais… pauvre gars sans flambeau.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 18:44

 

Est-elle jaunie assez,

La photo qui dans un meuble,

Des moissons d’un vieux passé,

Souffle le chaume ou l’éteuble ?

 

« Mil neuf cent soixante-deux.

Sans qu’aucun éclat ne m’orne,

J’ai tout l’air du galvaudeux

Traversé d’une onde morne.

 

Avec mon regard flottant

Sur les âmes et les choses,

Je suis plus inconsistant

Que des fleurs jamais écloses.

 

L’heure traîne ; il fait si lourd.

Ah ! l’épaisseur de la vie !

Il me semble que le jour

S’allonge à tuer l’envie.

 

A deux pas luit le profil

De ma mère un peu songeuse,

Déjà suspendue au fil

De quelque ombre voyageuse.

 

Faisant voler l’incarnat

Aux contours des vieilles pierres,

Le soleil mûr de Chaynat

Me voit plisser les paupières.

 

Jusqu’à l’horizon bleuté,

L’ennui fadement s’échappe

Et par-dessus l’âpre été,

Le temps pèse, longue chape.

 

Il est peut-être midi.

Mon soulier colle à la terre.

Dans le village engourdi,

Demain paraît un mystère.

 

Vague enfance qui se tait

Faute de mieux se connaître,

Orpheline de l’étai

D’où s’élargira son être.

 

La campagne bout. L’azur

Ecrase les vallons riches.

J’ai le cœur en métal pur,

J’ai l’intelligence en friches.

 

Mon habit de sauvageon

S’ajuste mal à ma taille.

Graine, pousse, œuf ou bourgeon,

Je n’ai point livré bataille.

 

Alentour, les champs de blé

Se teignent de vapeurs molles

Et le silence voilé

Brûle d’infimes paroles. »

           

Mais le tableau que voilà

N’a rien dont je me souvienne.

La photo surprise là

Est-elle encore la mienne ?

 

Comme face à l’inconnu,

Je sonde en vain cette image,

Ce moi sourd, ce moi ténu…

Quelle pitié ! Quel dommage !

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots" 

 

 

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 22:40

 

O douce ! malgré toute perte,

Ce soir enfin, si tu le veux,

Efface d’une joue experte

L’ombre qui pèse à mes cheveux.

 

Que ta caresse duveteuse

En onde lisse roule en moi !

Avec des sanglots de conteuse,

Avec l’arpège de l’émoi.

 

Ton souffle maintenant si proche

Comme l’écume sous la roche,

Me communique maints frissons ;

 

Et loin du fatras des années,

Les belles heures devinées

Peignent de suaves moissons.

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:59

Vous direz que je fus celui-là qu’on insulte,

Une apparence d’homme en un mauvais logis ;

J’aurai vécu si peu dans l’ombre ou le tumulte,

Martelant l’idéal de mes deux poings rougis.

 

Vous direz qu’hébété j’eus grand-peine à connaître

Ce monde où les fâcheux brillent matin et soir,

Et qui me glaçait l’œil dès l’aube à ma fenêtre

Et qui me laissait nu devant lui sans espoir.

 

Vous direz que je mis trop de hâte à m’éprendre,

Trop de zèle à frémir aux doigts saints du bonheur

Mais quoi ; c’étaient au mieux quelques mois d’un vert tendre

Echappés aux complots d’un destin ricaneur.

 

Vous direz que la mort, laide comme une pieuvre,

Sut m’empêcher de vivre au gré des jours mouvants,

Et que mon seul trophée, oui que mon seul chef-d’œuvre

Fut d’écrire le mot "Amour" à tous les vents.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots" 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 20:20

 

 

Que fait l’homme ?

 

 

Vois sur les pelouses follettes

Quelque diptère qui frémit,

Et sous les jeunes gouttelettes,

Un tressaillement de fourmi.

 

A nos pieds, l’herbe matinale

Héberge au milieu des frissons

L’imperceptible d’où s’exhale

Le bouquet d’impalpables sons.

 

Et lorsque nous levons la tête,

Ecume bleue, ô quel effroi !

Le ciel géant que rien n’arrête

Semble une épée à l’éclair froid.

 

Il jette à l’infini sa robe,

L’impitoyable et louche ciel

Dont l’intelligence dérobe

A nos yeux même l’essentiel.

 

Mais que fait l’homme dans ce livre

Où le oui se mélange au non,

Entre l’infime fou de vivre

Et le gigantesque sans nom ?

 

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 21:08

 

Est-ce déjà l’hiver dans le froid de l’automne ?

Un soleil égrotant fige le cœur du jour.

Près de moi, sourde plainte, expirant l’abat-jour

Diffuse une lumière atone.

 

De la vitre embuée au réchaud sans couleur,

Mon pas flotte, lugubre à mâcher des ténèbres,

Comme si je traînais d’insolubles algèbres

Sur les carreaux de la douleur.

 

L’ennui gagne mes doigts ; le hideux prend la pose.

Quelle pointe brumeuse écaille chaque mur ?

Ineptement stérile au bord d’un néant mûr,

Mon cerveau gourd se décompose.

 

Et depuis l’escalier jusqu’au salon blêmi,

Depuis l’alcôve en deuil jusqu’à la chambre nue,

Je suis, mol avorton que l’âge diminue,

Oh ! jusqu’à mon propre ennemi.

 

poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 10:15

 


Et si comme une sœur magnifique et troublante,

La foi s’illuminait dans les matins royaux ;
Si les yeux rendus saints par d’infinis joyaux,
Laissaient voir des bontés que nul or ne supplante.

 

Et si l’égal savoir d’heure en heure accompli,
Mi-songeant, mi-riant, égayait chaque école,
Plus capiteux, plus chaud qu’un feu qui caracole
Et dont l’élève aurait le visage embelli.

 

Si goulue au soleil, l’enfance à pleines lèvres
Baisait le nid fleuri de la suavité,
Au point que l’homme hier éteint puis dévasté,
En elle tout à coup, sût rallumer ses fièvres.

 

Et si le tribunal ruisselant de badauds,
Allait faire tonner l’adorable justice
Afin que moi, le faible, au despote je disse :
« Sous le poing de la loi, tu courberas le dos. »

 

Et si du beau travail cultivé pour lui-même,    

Chacun labourait seul les fécondants chemins,

L’étincelle à la joue et la ferveur aux mains,
Clamant de tout son être : « oui, c’est cela que j’aime ! »  

 

Et si l’amour total jusqu’à nous chavirer
Prodiguait à foison magie et découverte ;
O si face à la joie immensément offerte,
L’amour comme éternel voulait bien demeurer !



Poème extrait de "La Blessure des Mots"

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot






 









 

 

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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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