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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 11:15

 

Pour quel abîme, pour quel gouffre,

Ai-je ouvert là mes tristes yeux ?

L’âge me nuit comme le soufre.

Ah ! si j’avais pu vivre mieux !

 

Après l’ancien, tout fait peau neuve.

Le chêne efface le bouleau.

Jeunes pieds nus, de quel beau fleuve

Caressiez-vous tendrement l’eau ?

 

Mais comment n’ai-je pas une heure,

Une heure au moins fendu l’évier ?

O sotte vie âpre et mineure !

Rien ne s’échappe du clavier.

 

Comment n’ai-je pas su pourfendre

Le quotidien cent fois honni ?

Il gèle encore à pierre fendre

Au bout de mon chemin terni.

 

Je vois de loin un petit être.

C’est moi sans doute et si peu moi.

Voilà cent ans, mille ans peut-être.

Je n’en éprouve nul émoi.

 

Le malheur qui me met en joue

M’accable de ses coups de poing ;

Et trop nombreux, giflant ma joue,

Mes hivers ne finissent point.

 

 

Poème extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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commentaires

marlou 20/01/2013 20:42

Chacun un jour ou l'autre a pu dire ces mots.Mais on remonte la pente, toujours...
Amitiés

Thierry CABOT 20/01/2013 22:57



Merci infiniment, Marlou, pour votre beau commentaire.


Juste une précision : il ne s'agit pas d'un témoignage mais d'une oeuvre de fiction où voisinent des éléments variés.


Bien amicalement et à bientôt.


Thierry 


 



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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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