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Mots clés de "La Blessure des Mots" : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité
Ai-je longtemps conduit mes pas sans m'égarer ?
Moi l'enfant des soirs nains, que chaque pierre incise
Et qu'un pauvre idéal étreint jusqu'à pleurer
Devant le sein troublant d'une belle indécise.
Comment ! N'aurais-je pas en chemin assez vu
Les âges moutonneux dévorés par l'abîme ?
N'aurais-je pas su voir, chancelant, dépourvu,
L'être qui se défait dans la chair qui s'abîme ?
Oh ! j'ai vécu si mal, oui si mal, n'importe où.
Je n'ai jamais connu l'alphabet clair des choses
Ni le vrai ni le faux ni même encore tout
Ce que le rêve attache aux plus infimes causes.
J'ai promené mon doute et mon aspect changeant
Sur les débris épars d'on ne sait quel commerce,
A peine moins falot qu'un fétu surnageant
Au coeur de l'onde grise où le bien se disperse.
J'ai marché loin, trop loin, en vieil homme épuisé
Sous les nuages lourds des batailles perdues,
Fantôme du hasard, loqueteux, écrasé
Qui tend à l'infini ses deux mains éperdues.
Je n'ai rien deviné, je n'ai rien découvert,
Non rien que la tremblante amertume de vivre,
Ayant froid tout l'été, suffoquant tout l'hiver
Et confondant partout le soleil et le givre.
Poème extrait de "La Blessure des Mots"
http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot
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CE MATIN AUX ABORDS / D'UN ROUGE SÉMAPHORE / SUR LE BORD D'UN TROTTOIR / UN REGARD DE BIAIS / EN ESQUIVANT LE MIEN / ME LAISSA ENTREVOIR / LE BLANC DE SES YEUX SOMBRES / LE VISAGE AGRÉABLE / QUI L'ACCOMPAGNAIT / LAISSA SUR MA RÉTINE / UNE IMPRESSION CANDIDE / ET JE GARDAI LES TRACES / DE L'IMAGE FUGACE / QUELQUES INSTANTS ENCORE / ACCROCHÉES À L'ESPRIT.
Dites-moi, sincèrement, si vous ressentez là une fibre poétique. Merci de répondre à chaque commentaire.
Ismael
En toute sincérité, je trouve là une réelle fibre poétique ; le texte que vous portez à ma connaissance, est vraiment bien rythmé et n'est pas dépourvu de charme. Bref je vous encourage à trouver à la fois votre voie (même si le chemin de l'art est souvent semé d'embûches) et votre voix (afin que celle-ci devienne reconnaissable entre mille).
A très bientôt, Ismaël.
Merci pour la confiance que vous me témoignez.
Thierry
Je ne voudrais pas, comment dire, "profiter" de cela mais seriez-vous disposé, si je vous envoie encore l'un ou l'autre de mes textes que j'ai gardé dans un cahier pour les commenter comme vous venez de le faire si aimablement ?
Ma nièce qui a un blog ( je ne sais pas si je peux vous le communiquer via votre blog, est-ce autorisé ? ) y enregistre de petites pièces musicales sur lesquelles je m'amuse à ajouter des petits "poèmes" en commentaire et elle me dit qu'elle apprécie beaucoup mais, bien sûr, elle est de ma famille et, sans doute, les lit-elle avec une autre approche que quelqu'un d'étranger, comprenez-vous ?
Si je n'abuse pas de votre temps, je vous demanderais donc, de lire comme je vous le proposais ci-dessus l'un ou l'autre de mes textes.
Encore merci pour vos conseils.
Ismaël
Vous avez raison : le regard des proches n'a pas le label de l'objectivité. Mais l'avis d'un autre auteur n'est en rien aussi la panacée. Sainte-Beuve par exemple s'est révélé incapable de comprendre le génie de Baudelaire (il était à la fois poète et critique).
La meilleure solution consiste, selon moi, à créer un blog. Dans leur diversité, les internautes vous feront connaître leur avis sans langue de bois ni complaisance (à quelques exceptions près). C'est de loin la moins mauvaise école.
Ces réserves exprimées, vous pouvez cependant m'adresser quelques-uns de vos textes.
Bien amicalement et à bientôt.
Thierry
J'hésite encore mais entre-temps voici un autre exemple :
AU BORD D'UN ÉTANG BRUXELLOIS
UN SAULE SOLITAIRE DE GUINGOIS
PLEUREUR ÉPLORÉ DE SURCROÎT
MIRE SES RAMEAUX À L'ENDROIT
OÙ LE MIROIR DE L'EAU RESTANT COI
REFLÈTE LA FUITE EN ÉMOI
D'UN TROUPEAU DE NUAGES AUX ABOIS
CROISANT UN PETIT PONT DE BOIS.//
Ci-dessous ce seraient plutôt des vers libres :
LÀ-HAUT SUR LA COLLINE
LOIN,TRÈS LOIN DE LA MINE
OÙ IL ÉTAIT DESCENDU JADIS
DANS L'AUTRE MILLÉNAIRE
PLANE LE SOUVENIR DE MON PÈRE
MÊLÉ À LA PURETÉ DE L'AIR
DANS LE CIEL AZURÉ
IL SURPLOMBE DE MARBRE LA STÈLE
SUR LAQUELLE
SON REGARD ET SON SOURIRE FIGÉS
TRAVERSENT LES ANNÉES
ET LES MURS DE GRANIT
QUI LES SÉPARENT
DE SON RÊVE INACHEVÉ. //
SUR LA BERME CENTRALE
QUI SÉPARE L'ALLER DU RETOUR
BROUTE UN LAPIN NOIR ET SOURD
L'HERBE QU'IL AVALE
EST GRISE ET SALE
IL VA ET IL VIENT
DANS L'ESPACE RESTREINT
DE SON ESPACE VITAL
SES GÈNES SE SOUVIENNENT
DE CETTE ÉPOQUE LOINTAINE
VIVANT DANS LA GARENNE
SOUS LES BRUISSEMENTS DU VENT
CARESSANT LES FEUILLAGES
ET MÂCHANT L'HERBE FRAÎCHE.
un petit dernier :
INDIFFÉRENTS AU DRAME
QUI DANS L'HERBE SE TRAME
SOUS LE DÔME DU CIEL
ET DANS LA CANOPÉE
UNE KYRIELLE D'OISEAUX
FAIT ENTENDRE LEURS CHANTS
ET TOUS CES PÉPIEMENTS
COUVRENT LE BRUISSEMENT
DANS L'HERBE DU SERPENT.
Et ici quelque chose de très différent :
DANS LES DÉDALES
DES CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES
DÉAMBULENT DES NEURONES
DES NEURONES ATONES
D'HURLER DANS LES COULOIRS
QU'IL SERAIT TEMPS D'ALLER VOIR
QUEL EST L'INTRUS
QUI S'EST IMMISCÉ
DANS LES LIMBES DE MA PENSÉE.
Voilà un petit échantillon.
Croyez-vous sincèrement que ceci vaille la peine d'ouvrir un blog ?
Merci
Ismael
C
Vos vers libres emportent plus mon adhésion que vos vers classiques. Pourquoi ? Tout simplement parce que la recherche de la rime sans maîtrise de la métrique, donne à mes yeux un caractère un peu forcé à votre expression.
Les règles de la versification sont par ailleurs fort nombreuses : respect du nombre de pieds, alternance des rimes féminines et masculines, élidation, bonne utilisation du h muet et du h aspiré, refus du moindre hiatus, connaissance technique des formes fixes etc. En vérité, je vous trouve plus à l'aise dans un registre moins contraignant.
Tout est question de tempérament. Il faut toujours, selon moi, choisir le mode d'expression le plus propre à servir sa démarche artistique.
On sent chez vous une certaine aisance rédactionnelle. Vous savez à l'évidence manier les mots. Il ne vous reste plus désormais qu'à cultiver votre "différence".
La création d'un blog semble bien entendu s'imposer d'elle-même.
Bien amicalement et à bientôt.
Avec tous mes encouragements, Thierry
Je n'ai guère fait d'études.
Mais, par contre, l'écriture est le moyen où je me sens le plus à l'aise pour m'exprimer.
Et là, vous m'encouragez dans ce sens.
Il me reste à trouver un moment pour ouvrir un blog.
Il est possible que je vous demande encore des conseils si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
Quoiqu'il en soit, je vous remercie encore pour vos conseils.
Salut, j'aime votres poèmes.
Mille fois merci !
En toute amitié.
Thierry
C'est pas très raisonnable de conduire sans jamais se garer, si je peux me permettre un jeu de mot sur ce poème-là. J'aime beaucoup son rythme, les exclamations "Oh !", "Comment !", il cabote non loin du bateau ivre, bravo !
J'ai bien aimé votre commentaire teinté d'humour.
A bientôt, David.
Thierry
"L'homme n'a pas besoin de voyager pour s'agrandir; il porte avec lui l'immensité. Tel accent échappé de votre sein ne se mesure pas et trouve un écho dans des milliers d'âmes : qui n'a point en soi cette mélodie, la demandera en vain à l'univers. Asseyez-vous sur le tronc de l'arbre abattu au fond des bois : si dans l'oubli profond de vous-même, dans votre immobilité, dans votre silence vous ne trouvez pas l'infini, il est inutile de vous égarer aux rivages du Gange."
Enfin, votre plume est plutôt adroite. :)
Merci pour votre belle citation !
Chateaubriand est un de mes écrivains préférés.
Bien amicalement.
Thierry
Merci, Olivier, pour vos mots si chaleureux.
"La Blessure des Mots" représente un travail poétique de longue haleine dans lequel je me suis efforcé de donner le meilleur de moi-même.
Bien amicalement et à bientôt.
Thierry
On ressent une influence de Baudelaire..Non? le rythme des vers me plait beaucoup , le coté sombre aussi.
Dans la jungle que represente le monde des blogs vous allez sans doute vous tracer une route.
Courage!!