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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 13:01

 

 

 

Secoue au moins le vide insultant qui te borne

Avec l'oeil nébuleux d'une revêche nuit.

Ne goûte plus jusqu'à vomir le crachat morne

Du médiocre qu'étouffe une écharpe d'ennui.

 

Hume tes mots, sème ta voix, hisse tes rêves,

Décapite les murs flageolants à moitié,

Et fais encore en magicien des blondes grèves

S'élargir sous ta foi l'horizon tout entier.

 

Que peuvent les corbeaux que la vermine écrase ?

N'es-tu pas né pour vivre et plus noble et plus grand,

Né pour saisir et mordre au sel de toute phrase

Un peu du coeur naïf d'un soleil pénétrant ?

 

N'es-tu pas là, si fort et si plein de toi-même,

Si royalement jeune et constellé d'ardeurs,

Oui tellement chéri par l'immensité même

Qu'un enfant y boirait ses futures splendeurs ?

 

Le monde est vieux, bien sûr, mais l'aube n'a point d'âge.

Les jours sonnent, vêtus comme d'amples secrets.

Au-delà de tes mains, l'heure en vagabondage

Imprime à chaque élan on ne sait quoi de frais.

 

Le beau ciel presque nu teint les eaux rayonnantes.

La mer adamantine a des jeux orgueilleux.

Du fond de leur clameur, soûles, tourbillonnantes,

Les vagues à l'envi brassent le merveilleux.

 

Vois trembler le matin à la musique neuve

Et vers l'azur égal sangloter les embruns,

Cueille le songe auquel ton infini s'abreuve

Quand, délice d'écume, il jaillit des flots bruns.

 

Oh ! combien il te faut de soifs à ta mesure,

Combien... combien tu veux, libre d'aucun soutien,

Ici toujours, malgré la haine et la brisure,

Déchirer l'habit sale où le vil te retient !

 

Sur les lames, regarde ! Un vol blanc de mouettes

Embrasse l'or liquide au souffle bondissant ;

Car il n'est Miel dont maintes fois tu ne souhaites

Sentir à pleins poumons le goût bouleversant.

 

Plus loin, dans la ferveur capiteuse et la gloire,

Le vent large médite au seuil de l'éternel,

Et la lumière aiguë aux feux de sa mémoire

Rend le monde à son verbe immense et fraternel.

 

O rien ne dit assez l'éclat de ta naissance!

L'onde croule sans fin de chavirants échos.

En toi monte et s'agite une claire puissance

Mêlée à la chaleur des roulis amicaux.

 

Hymnes, fécondité, parfums d'avant déluge,

La mer lave les rocs ; l'air est délicieux.

Va d'une seule haleine y puiser un refuge,

Plein du sang de ton coeur ! plein du cri de tes yeux !

 

 

 Poème extrait de "La Blessure des Mots"

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 

 

 

http://www.audiocite.net

 

 

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Published by Thierry CABOT
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plumelegere67 14/02/2012 08:22

Belle plume, belle âme de poète

Thierry CABOT 14/02/2012 20:56



Merci pour vos commentaires.


Bien cordialement.


Thierry



poétique Love 10/01/2011 20:15


Sublime qui ma transporter dans se milieu merveilleux qui est l'océan.
sa c'est de la belle poésie.


Tibicine 09/01/2011 10:00


Bonjour Thierry...Ta poésie est là une source de lumière, d'énergie bienveillante qui donne envie à qui peut manquer de ressource, de s'élancer dans le flux de la vie avec joie et confiance...Merci
pour cette poésie régénératrice...Bien à toi. Tibicine


Thierry CABOT 09/01/2011 10:18



Merci pour tes mots si charmants et si généreux, qui m'ont infiniment touché.


A bientôt.


En toute amitié.


Thierry



Rosario Duarte da costa 13/09/2010 12:10


Bonjour Thierry:
Comme promis, je suis entrée dans votre maison"la blessure des mots"; En fait, j'ai déjà utilisé cela dans mes ecrits y a longtemps!
je trouve vos poèmes très touchants. J'ai aimé la sensibilité de vos mots...
Encore heureuse de savoir que les poètes d'aujourd'hui, n'ont pas oublié leurs muses!
Sincèrement,
Rosario Duarte da Costa


Thierry CABOT 13/09/2010 12:32



Merci Rosario,


Dans le titre "La Blessure des Mots" apparaît d'abord le symbole du sang, lequel évoque à la fois la vie et la mort.


Il y a aussi l'expression imagée de la matière des mots eux-mêmes, où le poète va chercher au prix de bien des efforts ce qui fait sa souffrance et sa grandeur. 


A bientôt. Bien amicalement.


Thierry



lutin 10/08/2010 12:40


Je suis ravie d'avoir trouvé ce lien en fouillant un peu plus avant. Il y a des jours où la pêche est bonne :-) Je sais que nous n'écrivons pas de la même façon, moi aimant la liberté vous les
formes plus classiques travaillant la rime, c'est un talent qui n'est pas permis à tout le monde.

Amicalement


Thierry CABOT 10/08/2010 14:00



Je suis très heureux, Lutin, de votre passage.


La poésie s'accommode de tous les registres, à condition que l'art s'y déploie.


Dans "L'âme consumée" vous trouverez des poèmes de facture plus libre, en nombre restreint il est vrai (seulement 20 textes) par rapport au reste de mon oeuvre.


J'aime beaucoup, quant à moi, ce que vous écrivez. 


Bien amicalement.


Thierry



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  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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