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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:02

Thierry_Cabot_-_Les_vagues_de_l_abime.mp3
 
 
Les roulis de la joie ensoleillent les dunes.
Le sable qui palpite ourle l'océan pur.
Des goélands rieurs nés des blanches lagunes,
Fendent l'air infini de leurs ailes d'azur.

Sur les vagues, parmi l'écroulement des formes,
Le frisson d'une épaule éclot, délicieux,
Comme si l'onde même aux blonds ressacs énormes
Avait soudain voulu l'offrir à tous les yeux.

Puis un bras fin jaillit, puis une hanche trouble
Puis, envoûtante et lisse, une jambe en satin
Et, sortilège entier, dans une extase double,
Un visage inouï baigné d'un feu lointain.

La lumière plus molle enveloppe la rive.
Chaque homme à sa vue ose atteindre l'insensé.
Elle est belle, elle est jeune et pourtant, ô dérive !
Rôde au fond de son âme un au-delà glacé.




Poème extrait de la " Blessure des Mots "

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 

 

Expérience de mort imminente

 

L'accident... l'hôpital, le chaos dans l'éclipse ;

Le lit blême cerné de murs d'apocalypse ;

Une forme ouateuse aux pas troubles et lents ;

Puis des voix dont l'écho n'est qu'un souffle à ses flancs.

Et tout à coup tunnel aspirant la lumière,

Le voyage, l'appel vers la blancheur première

Quand sous la monstrueuse écharpe de la nuit,

Du choc phénoménal jusqu'au temps déconstruit,

En ondoiements neigeux, en filaments de gaze,

Filtrent, baisers d'éveil, la splendeur et l'extase.

L'immensité l'enjôle avec tant de vigueur

Qu'il n'en discerne plus le bout ni la longueur.

Alors l'unique source à quoi l'âme s'unisse

Lui laisse apercevoir telle une pythonisse

Des lieux enluminés, des pays sidéraux

Où l'amour semble ailé d'arpèges de coraux.

Tout le sait fraternel, inouï, beau, sans crainte

Pendant que la ferveur aimante son étreinte,

Que face au plein azur, libre, debout, levé,

Seul il déploie un coeur infiniment sauvé !

Or voici que loyaux, comme de saintes fables,

Maints visages connus jaillissent ineffables

Et si chers et si bons qu'à travers l'au-delà

L'esprit voit s'élever leur indicible éclat.

Les uns lui disent : "viens, nous t'aimons, c'est ton heure."

Les autres d'un regard désignent sa demeure.

Par le soleil happé, houleux conquistador,

Il boit toutes les mers cachant des mines d'or.

Chaque brise qui l'oint, chaque fleur qui l'appelle,

Irrésistible, fait trembler l'aube nouvelle,

L'aurore inconcevable au lit de séraphin

Sur le sein de laquelle il eût pu vivre enfin...

Mais bientôt à regret l'espace blanc recule ;

Et quelque lourde masse ignoble et ridicule

Geint dans la salle froide où le vide la mord.

Quelqu'un souffle à mi-voix : "ô ciel, il n'est pas mort."

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

 

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Published by Thierry CABOT
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commentaires

yvette 17/02/2013 11:47

Bonjour
Je viens de découvrir votre blog
j'aime beaucoup vos poèmes bravo quel talent
Je vous félicite ce fut un plaisir de vous lire
A très bientôt
Yvette

Thierry CABOT 17/02/2013 14:16



Merci Yvette pour votre passage sur mon blog.


Vos mots m'ont beaucoup touché. "La Blessure des Mots est en effet - je le dis souvent - la chair de ma chair.


Bien amicalement et à très bientôt.


 


Thierry



pyrausta 21/04/2012 19:22

Les deux derniers vers emportent ma totale adhésion.Vous avez un très grand pouvoir évocateur.

Olivier 03/12/2011 17:45

Vous, vous maitrisez l'art de la chute !

Ismael 24/04/2011 11:01


vous trouvez vraiment les mots pour que l'on puisse VOIR ce que vous écrivez. Ce sont des images vivantes !


Thierry CABOT 24/04/2011 11:39



Merci Ismael. Votre remarque me touche beaucoup.


A bientôt. Bien amicalement.


Thierry



LuanaAldor 10/03/2011 17:08


J'y jetterai un coup d'oeil la-dessus, promis.Quant â l’ennui provoqué par les discussions stériles sur l’art poétique, je ne peux que vous soutenir. De toute façon j’ai remarqué vos vers d’une
longueur spécifique pour la poésie évocatrice, plaintive, descriptive où se glissent le plus souvent les méditations des promenades de la pensée.


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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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