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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 14:39





Il n'est rien d'affligé que partout je ne sente.
Un vent de nulle part cingle les longs faubourgs.
Je marche comme on crie, éteint dans l'heure absente,
J'erre comme on vacille au choc de voeux trop lourds.

Autour de moi, la brume à la vague incessante
Forme une nappe trouble aux sanglotants contours ;
Le froid, taillant l'espace avec sa main puissante,
Sur mon dos fait gémir ses aveugles crocs sourds.

Là, fourbu, grelottant, où l'absurde me mène,
Je vois soudain crouler toute la race humaine
Et s'élargir sans fin le trou noir du tombeau.

Mais un je ne sais quoi, désespérément, vibre ;
L'écume d'un atome, une larme du beau,
Ce simple mot fameux répété : " libre ! libre ! "


Poème extrait de " La Blessure des Mots ".

http://www.elpediteur.com/catalogue.htm#cabot

 

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Published by Thierry CABOT
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commentaires

omar 24/12/2011 05:21

Votre poème est-il beau ou admirable ?
J'ignore de quelle façon il "faut" savoir les choses puisque, je n'ai pas reçu une éducation soutenue.J'ai compris que la "merveille du langage est que les mots se font oublier dès qu'ils font
sens" ou pour ce qui est de la poésie ; dès qu'ils suscitent un plaisir esthétique.Ce poème nous fait-il aussi oublier les mots pour le sens philosophique qui en émane ?La formule : " un je ne sais
quoi", est-elle une allusion à Félibien ( et donc au père Bouhours)?

quoi qu'il en soit , merci pour ce "grand style".

Thierry CABOT 24/12/2011 09:10



Bonjour Omar.


Merci pour votre analyse si pénétrante.


J'ai voulu dans ce poème créer une atmosphère particulière où les mots dans leur succession marient esthétisme et phillosophie.


Sur sa chaîne Youtube et sur Littérature audio, Gilles-Claude Thériault, un merveilleux donneur de voix, l'interprète avec beaucoup de mesure et de force.


En toute amitié.


Thierry


 



MULLER 09/02/2009 23:18

Très beau poème... La beauté d'un lyrisme universel. Un véritable sonnet!
Je reviendrai vous lire avec plaisir.

L'embellie 13/12/2008 14:40

Je reviens sur votre poème qui est magnifique et me touche profondément. Je n'ai aucune notion de prosodie, mais il m'arrive d'écrire des chansons, pour moi seulement et mes "très proches". Je vous offre celle-ci :
La Rue. (écrite avant le passage à l'Euro)

La ville nimbée de brouillard
regarde tanguer ses trottoirs.
Près des passants qui se bousculent
des ombres grises déhambulent
en dérivant sur les pavés.
Quel naufrage vient d'arriver ?
"Dis, t'as pas dix francs ?"

Thémis en habit de hasard
a fait son tri sur le boul'vard :
les uns bien à l'abri du froid,
les autr'en bas, le coeur en croix,
traînant leur inutilité
et tous leurs rêves avortés...
"Dis, t'as pas dix francs ?"

De la malchance au désespoir
la déchéance a plein pouvoir.
Honteux de soi et de sa crasse,
cloué par des regards de glace, toucher le point de non-retour,
vivre sa mort jour après jour...
"Dis, t'as pas dix francs ?"

V'la l'ciel qui prend son éteignoir,
la rue glacée pour tout dortoir;
trouver un gite pour la bête,
ne pas trop se prendre la tête
à savoir que sera demain,
on verra bien, on verra bien...
"Dis, t'as pas dix francs ?"

La faute à qui ? j'veux pas savoir!
Sous les étoiles tout est noir.
L'ami Prévert, tu n'es pas mort,
il claque de plus en plus fort
ce bruit de l'oeuf, au p'tit matin
cassé sur le comptoir d'étain...
"Dis...t'as pas...dix...francs ?"
Andrée Pons-Jacquet(pseudo:l'embellie)

Thierry CABOT 13/12/2008 16:13


La chanson a également ses titres de noblesse et le texte de la vôtre est particulièrement réussi.
Bravo.

Thierry CABOT


L'embellie 12/12/2008 18:12

Je suis toujours bouleversée dès qu'on parle de Liberté. Vous le faites avec art. Merci. Andrée.

Thierry CABOT 12/12/2008 22:27



Il s'agit ici d'une liberté chèrement payée, mais celle-ci, nous le savons, n'a pas de prix.
Merci.
Bien amicalement à vous.

Thierry CABOT  



Wilbrod 16/08/2008 17:40

j'aime beaucoup la poesie francaise,la langue francaise est d'une vituosité unique.

un ami lointain.

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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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