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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 13:02

Mots clés de l'oeuvre :  lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.





Ils rôdent, spécieux, le long des couloirs glauques,
Nourris de hargne molle et de sots règlements,
L'esprit tout emmuré dans de vains soliloques
Où l'Etat vermoulu vide ses excréments.

Autour d'eux, ce ne sont que blâmes et requêtes
Vomis sous la grammaire aveugle des décrets ;
Ce ne sont que doigts secs blêmis par les enquêtes
Et les mesquins travaux délirants et secrets.

Pour ceux que leur bêtise épouvantable lorgne,
Ils mâchent des courriers soigneusement pervers
Au fil desquels aboie un code étrange et borgne
A cause de trois mots alignés de travers.

L'oeil torve du mépris leur tient lieu de réponse
Si quelque fou rebelle ose élever la voix,
Ou mieux, ils vont crachant une raide semonce
Fière comme un nigaud juché sur un pavois...


Bureaucrates vengeurs affamés jusqu'à mordre,
Gratte-papiers goulus à l'aplomb infernal,
Ils sauront d'un oukase enflé tel un mot d'ordre,
Nous assigner un jour devant leur tribunal.

Et loup parmi les loups dans cette horrible enceinte,
L'un ou l'autre demain nous brisera le front,
Puis sur l'autel sanglant d'une loi sacro-sainte,
Ils nous dévoreront ! ils nous dévoreront !


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

 

http://www.communique-de-presse-gratuit.com/presse/toulouse



  

Crépuscule

 

Tout au loin, par-dessus la mémoire enneigée,

Tremblote une lueur au soupir grelottant.

Que bafouille le monde avec sa voix plongée

Dans l'incommensurable énigme de l'étant ?

 

Sais-je encore moi-même où j'incline la tête ?

Aujourd'hui si fugace a des airs d'autrefois.

Je promène l'écho d'un ancien quintette

Dont chaque note ailleurs scintilla tant de fois.

 

Veille ou sommeil, qui mord ainsi ma chair pensante ?

Qui me tue à feu doux ? O poids du sablier !

Accentuant la ride effilée, oppressante

Que l'on voudrait sans cesse abolir, oublier.

 

Quels visages défunts autour de moi s'emmêlent ?

Je croule face au temps comme saigne un martyr ;

Et près des dieux blessés qui morfondus grommellent,

Il ne me reste plus de grand songe à bâtir.

 

Bâtir quoi ? Le jour mort dessèche ma figure.

L'hiver mange l'été depuis trop de longs soirs.

Age tendre, jeunesse ; aucun ne se figure

Comment les vieillards gris bredouillent leurs bonsoirs.

 

L'oeil écumeux, parmi la foule obscure et vague,

Je crois voir s'établir toutes les nations,

Puis les siècles portés par une immense vague,

Renverser tour à tour les générations.

 

La mienne déjà pleure, usée au bord des tombes.

Elle appelle en lambeaux l'enfance là qui luit.

"Mon vieux corps" dis-je amer, "sur le sol, tu retombes

Avant de te coucher, nul ne sait quand, sous lui."

 

Fourbe, un idéal feint d'ailer son parachute

Et me hache les os à souffrir et souffrir.

Dois-je vers l'ombre ultime errer de chute en chute ?

Dois-je étreindre le mal cent fois pour en mourir ?

 

Poème inédit extrait de "La Blessure des Mots"

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Published by Thierry CABOT
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commentaires

Jacqueline 05/10/2013 11:32

Cette fois je pense évidemment à Rimbaud ("les Assis")

Thierry CABOT 05/10/2013 14:49



Merci, Jacqueline, pour votre commentaire.


En toute amitié.


Thierry



marlou 24/03/2013 07:20

Que tout cela est vrai...Exploser en mots (de poète) pour assainir l'esprit.
Amitiés

Thierry CABOT 24/03/2013 09:22



Merci infiniment, Marlou.


Certains bureaucrates dans leur aveuglement seraient capables de transformer un eldorado en désert.


Bien amicalement.


Thierry



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  • : Thierry CABOT
  •  Thierry CABOT
  • : Il réunit des textes extraits de mon oeuvre poétique intitulée : " La Blessure des Mots "
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