Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 19:18

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.




L'immense vie en deuil hurle sa plainte aiguë
Quand des poisons, chers aux plus noirs des camelots,
Décochent dans ton coeur leurs flèches de ciguë
En te décervelant d'objets vils et pâlots.

Entre deux biens fumeux, un âpre gain t'obsède ;
Ton oeil mangé de lucre enfle d'éclairs méchants ;
Tu crois le posséder mais l'argent te possède,
Histrion abêti sous le cul des marchands.

Allez, va renifler tes prochains bénéfices,
Va donc sur le néant vomir n'importe quoi
Puis croque ta fortune au fond des immondices,
Esclave du comment, orphelin du pourquoi.

Argent ! mes boyaux fous lâchent cent loups rebelles
Et, tandis que souillé par les mêmes crétins,
Un idéal saignant pleure dans les poubelles,
Je te dis cent fois " merde " avec mes intestins.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 18:27

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 

Les poètes sont morts au chant grave des saules,
Dans un lit de velours et da sainte candeur,
Avec de longs draps bleus caressant leurs épaules
Et des songes cueillis pour des jours de splendeur.

Ils sont morts, ces blessés à l'immense parole,
Dont la mélancolie habillait les rancoeurs ;
Morts, et leur front paisible a gardé l'auréole
Des sublimes combats que livrèrent leurs coeurs.

Oh ! surtout aimons-les ! ces frères sans boussole
Qui firent du seul beau rayonner les douleurs.
Aimons-les ! Car c'est bien notre plus digne obole,
Nous n'avons d'autre hommage à laisser que nos pleurs.

-----------------------------------------------------------------------------


Molles bluettes,
Pleurs de trois sous,
Tous les poètes
Riront de vous.



Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 18:17

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.



L'ambition

Elle appelle en criant une aube à son éclat
Avec les tremblements inouïs de l'attente.
Nuit et jour, elle vit pour l'objet qui la tente
Et, dans la chute même, annonce : " me voilà: "

La médiocrité

La voilà qui s'émeut au fiel des évidences,
Ridicule et stupide en son lit de néant,
Clouée à la raison dans un gouffre béant
Où pleurent à la fois toutes nos existences.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 18:03


Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.



De large plaie en large plaie,
Une existence me balaie
Vers l'indistinct.
Et je ne sais plus, dernier crime,
Pour quel achèvement ultime
Court mon destin.

M'aimèrent-ils, les autres hommes ?
Je les aimais ce que nous sommes,
Là comme ailleurs.
Or je suis seul, or je suis triste.
Il est temps bientôt. Je n'existe
Que par vos pleurs.

Ah ! ces sanglots que je respire.
Le pire, n'est-ce pas le pire
Que j'entrevois ?
Cela devient presque insolite
Et l'on me tue encor plus vite
Et mille fois.

Pour moi, c'est fini, je l'assure.
N'ajoutez pas une blessure
A celles-là.
Un long frisson de tout mon être...
Enfin ! Voici que je pénètre
Dans l'au-delà.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 17:52

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 


Jeux, scène gratuite,
Rôles de bouffon ;
Les noeuds se défont
Chacun à la suite.

Etrange poursuite
D'un bout de chiffon
Où ne reste au fond
Qu'une chair détruite.

Le verbe enjoué,
Aurons-nous joué
Plus d'une semaine

Avant que la mort
Infamante prenne
Acteurs et décor ?


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 17:36

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 


Je n'ai pas été soigneux de mes rêves.
Je n'ai jamais pu tutoyer le mal.
Le mal s'arrêtait à mon premier bal
Quand les mauvais jeux n'étaient que nuits brèves.

Je me suis perdu, noyé corps et biens
Dans le tourbillon furieux des hommes,
Ne sachant moi-même après quels fantômes
Je courais... courais pour de maigres biens.

Et l'heure est venue où, sans rien comprendre,
D'un coup j'ai senti comme un goût de cendre
Envahir ma gorge invinciblement.

La haine jetée avec ses mensonges
Me voit aujourd'hui plein de dénuement
Pendant que je hèle, amer, mes vieux songes. 


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 16:39

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 


Amis, auprès de vous, comment retrouverai-je
Les bienfaits et les dons aux charmes puérils ?
A nouveau, je suis là, privé du sortilège
Qui d'un étrange émoi faisait battre mes cils.

Et je forme un souhait vite pris à son piège
Et ma plume fourbue affronte cent périls...
Mais quelle voix soudain, quelle clarté m'assiège
En habillant ces vers des chants les plus subtils ?

Ecoutez, écoutez la céleste harmonie,
Poème, souffle aux mots un rêve de génie,
Va plus haut ! Va plus loin ! toi, limpide sonnet.

La fièvre bondissante explose en cris de joie.
O l'éclatement fou de l'aube qui rougeoie !
On dirait la brisure où tout monte et renaît.


Poème extrait de " La Blessure des Mots ".

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 16:20

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 

Dans le joli bois, merveille !
Quand naît le jour,
Un tout petit faon s'éveille ;
C'est un amour.

Dès que l'aube aux doigts de perle
Joue en ses yeux,
La candeur chez lui déferle
En traits joyeux.

Alors bientôt, course folle,
Il est partout.
Il gambade, il rit, il vole ;
Son coeur est fou.

Devant la nature en fête,
Tout ébloui,
Il se lance à la conquête
De l'inouï.

Chacun lui fait une place.
Il n'a rien vu.
Sa gaieté court, jamais lasse,
Vers l'imprévu.

Une fleur multicolore
L'étonne un peu.
Dans la mousse, il voit éclore
Son rêve bleu.

Tiens ! Un papillon qui bouge,
Tiens ! Un lapin,
Un oiseau là-bas tout rouge
A l'oeil mutin.

Et soûlé par l'aventure,
O doux trésor !
Voilà que sur la verdure
Le faon s'endort.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 16:02

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 

 

La nuit m'a dévoilé ses magiques mystères
Dans l'éblouissement d'un rêve lumineux,
Et j'ai brûlé mon âme au soleil des chimères
Avec la déraison triomphante des dieux.

En moi s'est entrouvert le blanc pays des songes,
Le sommeil m'a fait roi d'un espace inconnu
Où le temps et les jours n'étaient plus que mensonges 
Pour le vrai magicien que j'étais devenu.

Ah ! se voir emporté seconde après seconde,
Chevaucher l'infini comme un homme d'honneur,
Et n'être que le seul à subjuguer le monde ;
Voilà, l'inconcevable et l'unique bonheur !

Mais trop court est l'instant qui croyait me suffire,
Je veux le merveilleux sans fin renouvelé.
O nuit ! rends éternelle une heure de délire
Afin que je m'abîme en ton gouffre étoilé.

 


Poème extrait de " La Blessure des Mots 

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Par Thierry CABOT
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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 15:30

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.




Marécage malsain aux lumières avares,
Etang glauque et fangeux hérissé de barbares,
Les chagrins qu'ont subis tes pâles naufragés
Exhalent le sang lourd des espoirs saccagés.

Après que la perfide école eut, sotte femme,
Abêti nos cerveaux sous une règle infâme,
Quand les fades leçons et les vils examens
Eurent même gâté le meilleur des humains,
Voilà que dans ta jungle, à peine entrés en lice,
Déjà nous attendait un non moins grand supplice
Car, distillant bientôt cent amères liqueurs,
Tu saurais longuement désespérer nos coeurs...
C'était un lieu taillé pour l'envie et la guerre ;
Le mensonge y pointait une langue vulgaire
Si bien que chaque mot affilé tour à tour,
Faisait mal comme font les serres d'un vautour.
On voyait la raison, changée en hydre énorme,
Brandir de tous côtés la hache de la norme
Puis, du matin aveugle au soir exténué,
Aiguiser contre nous son verbe infatué.
A l'usine, au bureau, le long des mornes salles,
Le soupçon et la peur mêlaient leurs lèvres sales
Tandis que, maléfique, errait de coin en coin
La compétition au nez rude et chafouin.
Ni bontés ! ni ciel bleu ! partout des places fortes !
Les justes bafoués se cognaient l'âme aux portes
Et le monde sensible, à toute heure banni,
Gémissait quelquefois dans un regard jauni.
Comme il n'estimait pas notre vie assez chère,
Toujours le dieu Mammon bavait de surenchère
Mais, sous le gant rigide ou l'aiguillon vénal,
Il ne subsistait rien qui fût original.
Et la joie elle-même ayant fait antichambre,
Nos fronts suaient d'ennui de janvier à décembre,
Nos fronts bas et vaincus où les regrets d'un jour
Parfois, glissaient pareils à de longs cris d'amour...

Oh ! beaux coeurs balayés avec un soin coupable,
Ne valons-nous pas plus qu'une ligne comptable,
Pas plus qu'un vague nombre infime et désolant
Inscrit on ne sait où sur un ancien bilan ?


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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