Samedi 22 septembre 2007
Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.




Chétif et glacé, me voilà
Qui vais, silhouette falote,
Tantôt ici puis tantôt là
D'un pas tremblotant qui sanglote.

Au recoin de tous les taillis,
Mon âme s'écorche et se blesse
Et le coeur soûl, les traits vieillis,
Je ne suis que plaie ou faiblesse.

Dans le vague jour éperdu,
L'horizon lépreux se déchaîne
Tandis que chaque instant perdu
Me ronge d'une immense peine.

Et mes yeux déjà semblent morts,
Mes yeux froids aux languides plaintes,
Errant de regrets en remords
Comme des étoiles éteintes. 


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

première édition




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Samedi 22 septembre 2007
Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.





Il eût suffi d'une épaule éclatante
Sous la chair tiède et soyeuse du jour,
D'un sanglot d'âme irradiant d'amour,
Venu combler mon infinie attente.

De longs soupirs, ô douce, ô pure entente !
Auraient soufflé maint aveu presque sourd,
Languissamment, comme un fleuve qui sourd
Avec une onde à la voix chuchotante.

Moment si vaste et si délicieux !
J'aurais longtemps, captivé par tes yeux, 
Senti mes doigts aussi grands que des ailes ;

Et je me serais tu... fou, consumé,
Le coeur tout chaud d'exhalaisons nouvelles,
Près de ta lèvre au parfum tant aimé.


Poème extrait de la " La Blessure des Mots "
retenu pour une deuxième édition en préparation




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Je vis soudain parmi les ombres chuchotantes
Je ne sais quoi de clair, de doux et de grisant
Qui, telle une chimère aux ailes éclatantes,
Me promit les saveurs d'un éternel présent.

Alors des frissons neufs agitèrent les plaines ;
La nue écarquilla ses yeux de paradis ;
Les zéphyrs exhalant leurs pures cantilènes
Firent chanter au loin mille mots jamais dits...

Et les blanches saisons pétillèrent de joie ;
Des pétales de feu rêvèrent sur les eaux ;
Dans le ciel vaporeux comme une longue soie,
Un nuage s'émut de l'entrain des oiseaux.

Puis du haut des sentiers où tremblent les collines,
Quelque majestueux sourire d'un beau jour,
A tout : haleines, voix et mousses cristallines,
Mêla son éclat tendre et son magique amour.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "
première édition
 





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Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.




Après que nous aurons, la chair vieillie et lasse,
Humé traîtreusement les venins de la mort
Et qu'auront triomphé, jeunes à notre place,
Des inconnus dont tout verra fleurir le sort ;

Après que suffocants sur la terre mauvaise,
Nous aurons contemplé chaque saison qui fuit
Et que nos yeux brisés d'un ultime malaise,
Auront, avec douleur, bu le fond de la nuit ;

Des millions de jours et puis des jours encore,
Immenses, couleront, sous d'immuables cieux,
Couleront pour l'enfant grisé devant l'aurore
Et des hommes déjà taciturnes et vieux.

Ils couleront sans fin dans la pluie et la neige,
Dans la beauté suave et l'or blanc du soleil,
Des brises du Japon aux vents bleus de Norvège
Et dans l'aveugle amour d'un éternel éveil.

Oui, rien ne changera de mon aube à la tienne,
De mes traits ingénus à ton charme applaudi ;
Cent rêveurs, après nous, récitant leur antienne,
Rediront maintes fois ce que d'autres ont dit.

Et de nouveaux bébés vagiront dans leurs langes,
Des râles empliront la bouche des mourants ;
Des vieillards qui, plus tôt, furent de petits anges,
Ne verront autour d'eux que des spectres errants.

Et le beau grain des peaux juvéniles et souples
Gazouillera sans cesse en mille éclats bénis ;
Les baisers renaîtront pour d'éphémères couples,
Soulevés un moment par des voeux infinis.

Puis... au bout de ce flot incessant qui repasse,
Le sang frais de la terre expirera, vaincu,
Avant qu'un soleil mort illuminant l'espace,
Eteigne jusqu'à l'ombre où nous avions vécu.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "
retenu pour une deuxième édition en préparation



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Samedi 22 septembre 2007
Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.

 



Comme de grands oiseaux dans la brise envolés,
Sous l'écho lancinant de ma vieille mémoire,
Il me vient des ailleurs ingénus à tout croire
Et d'infinis matins savoureux et troublés.

Délicieusement, l'azur avec panache
D'un feu toujours égal, viendra baiser mon front ;
Les étoiles en choeur toutes resplendiront
Sans que l'espoir jamais ne s'étonne ou se fâche.

Elançés, flamboyants, de longs rêves émus
Enivrés à la fois par la même opulence,
Mettront des éclats d'or aux lèvres du silence
Et verront, somptueux, tous mes désirs promus.

Le temps, d'une main douce, égrènera ses fêtes ;
Je ferai, malgré moi, rire les anciens maux.
Parmi la soie étrange et suave des mots,
La vie aura les yeux qui défont les défaites.

O sortilèges nus ! ô mystères fervents !
Mêlés à la couleur d'invisibles étreintes !
Sur mes doigts glisseront des beautés presque saintes
Dont je caresserai les prodiges mouvants.

O souffles orgueilleux ! ô plénitudes reines !
O chemins constellés de frissons rajeunis !
Déjà pourquoi faut-il que brisés puis bannis,
Vos superbes élans abandonnent les rênes ?

Adieu... restera seul quelque ultime verset
En de pauvres lieux morts que nul astre ne guide,
Laissant fuir d'une haleine au ciel demeuré vide,
Le soleil introuvable où la foi se blessait.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

première édition


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Samedi 22 septembre 2007

Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd' hui, émotion, sensibilité.




Pendant qu'un mal hideux sur vos langues, pavoise
Et que vous arborez les haillons du néant,
L'éphémère à la bouche et la lèvre sournoise,
Veules comme des pleurs mangés par l'océan ;

Pendant que, sans répit, votre bile malsaine
Traîne, nauséabonde, une âme d'urinoir
Et que la colère, idiots jusqu'à l'obscène,
Vous ne cessez jamais de vomir le sang noir ;

Pendant que sous l'oeil froid des aveugles machines,
Tout à votre labeur insane et belliqueux,
Avec indignité, vous ployez vos échines
En salissant les murs de mensonges visqueux ;

Pendant que les yeux secs, la lippe larmoyante,
Entre faux catéchisme et confuses rancoeurs,
Du haut de votre Olympe à la haine aboyante,
Vous contemplez l'abîme où gargouillent vos coeurs ;

Pendant, pendant aussi que, monstrueux ou presque,
Ignobles dans un siècle affalé dans le pus,
Le rire chevauchant l'ambition grotesque
Et le ventre agité d'égoïsmes repus,

Oh ! pendant que remplis de la note suave
Du coassement laid des crapauds, tout à coup
Vous mettez à vous seuls, tout pleins de votre bave,
Le sordide au pinacle et le rêve à l'égout ;

Oui ! pendant que l'orgueil enflé par la sottise,
L'esprit dégoulinant jusqu'au fond des trottoirs,
Méchants à rendre folle une terre promise,
Consternants à changer les saints en dépotoirs,

Vieux paquets furieux autant que ridicules,
Jarret haut, babil vague et tendons chatouillés,
Vous écorchez le sol de vos pas minuscules
Comme si l'univers eût gémi sous vos pieds ;

Pendant que vos nez mous aux rictus affairistes
Hument, soir et matin, le fumet du magot,
Que déjà bouffis d'or dans des poulaillers tristes,
Vous allez caquetant pour soigner votre ego ;

Pendant... pendant qu'enfin, ô bouffons ! ô cloportes !
O pourceaux grimaçants ! ô doublures d'humains !
Tous traîtres à la vie allongée à vos portes,
Vous insultez le beau qui vous ouvre les mains ;

Une douleur me gifle, âcre, toujours la même,
Hérissée à ma joue inconsolablement,
Car ce qu'en vous je hais, je l'abhorre en moi-même,
Car je ne suis pas moins infâme ni dément.

Ah ! c'est mon coeur entier que ce tableau fouette !
Au fracas de nos cris ! aux coups de nos jeux bas !
A la fureur desquels l'existence muette
Se blesse chaque jour de stériles combats.

Je vois s'époumoner cent défaites livides,
J'entends hurler notre âme orpheline et sans Dieu,
Je frissonne devant nos cathédrales vides,
Plus pâle qu'un remords, plus glacé qu'un adieu.

Sur moi roulent ensemble et les loups et les fauves
Enragés à ma perte, éblouis de ma peur,
Et je tremble aux périls des solitudes fauves
Dont l'image sanglote avec fièvre et stupeur.

Je suis vos abandons, je suis vos faces mortes,
Je suis l'appel terrible écrasé par le fer,
Je suis vos mots sanglés en de viles cohortes,
Qui, dans leur paradis, ne parlent que d'enfer.

Comme vous, comme vous, ô débâcle ! ô déroute !
J'ai gardé le poison d'un regret plein d'effroi,
Puis sur ma lèvre hélas ! parmi l'ombre et le doute,
La même question douloureuse : " pourquoi ? "

Oh ! pourquoi ? nous avions le monde à nos fenêtres ;
L'espace nous comblait du rire de l'éveil ;
L'azur amoncelait des étoiles champêtres
Et des ravissements de houle et de soleil ;

Les jours mélodieux fusaient tels des dimanches ;
Chaque heure, chaque instant nous voulait plus épris ;
L'amour jetait au loin de longues routes blanches
Couvertes de parfums et de baisers fleuris ;

Nous étions conviés à de splendides messes
Où les orgues du ciel filaient leurs sons joyeux ;
Le matin agitait ses cloches, ses promesses,
Comme un beau livre nu palpitant sous nos yeux ;

Dans une farandole élevée autour d'elle,
La vie étincelante acclamait le divin ;
Le temps semblait pareil à quelque frisson d'aile
Célébrant en secret des poèmes sans fin ;

O nous étions choisis pour une neuve histoire !
L'avenir subjugué faisait frémir nos voix ;
L'espérance à grands flots hâtait notre victoire
Avec des élans fiers et soyeux à la fois ;

Et, musique infinie au chevet de nos âmes,
Tous les dons soulevés en mille gerbes d'or,
Déployaient leurs longs cris plus doux que des sésames,
De l'aurore vibrante à la nuit qui s'endort...

Mais quoi ! mais quoi ! tout n'est soudain qu'un mauvais rêve !
Le commun foule aux pieds mes chimères d'enfant !
Puis cette vision magnifique s'achève
Par un vide cruel dont nul ne me défend !

L'horizon devant moi se disloque et se fane ;
Je retrouve bientôt mon pain lavé d'ennui
Et les lâches travaux et la fange profane
Que dévore sans cesse un inutile bruit.


Ah ! mon Dieu ! nous pouvions du moins vivre en beaux hommes,
Nos destins méconnus si vite clairsemés.
Un regard nous eût faits meilleurs que nous ne sommes,
Nous pouvions être ceux que le bien eût aimés,

Et demeurer un peu, malgré tant d'aubes grises,
L'adorable angelot qui, dans son berceau clair,
De ses doigts potelés sème des fleurs exquises
En souriant aux mots éparpillés dans l'air.


Poème extrait de " La Blessure des Mots "  
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Mots clés de l'oeuvre : lyrisme, versification, prosodie, soutien de Paul Guth, poésie d'aujourd'hui, émotion, sensibilité.





Pressez-vous de m'aimer. J'avais froid tout à l'heure.
Le vent du soir gémit comme un enfant glacé.
D'infatigables maux pleuvent sur ma demeure,
Et mes élans d'hier ont pour toujours cessé.

Car hier est si loin... si loin que, terrassé,
Je sens de toutes parts le néant qui m'effleure ;
Le fantôme d'un songe à peine commencé
Où ma vie, un moment, apparaissait meilleure.

Oh ! pressez-vous ! Je n'ai rien fait. Voilà demain.
Votre joue adorable et votre douce main
Seules peut-être ici, réchaufferont mes lèvres.

Pressez-vous. Le temps fuit. J'ai vécu par hasard ;
Mon coeur faible a sombré dans des jours las et mièvres.
Et je veux tant qu'on m'aime avant qu'il soit trop tard.

Poème extrait de " La Blessure des Mots "
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De longs pleurs, cette nuit, m'étouffent d'impuissance,
Une si longue nuit maléfique et hurlant
Qui remplit de stupeur mon esprit chancelant
Et le fait délirer dans le vide et l'absence.

Chaque jour mutilé tombe en déliquescence,
Le jour dont reste à peine un voeu sanguinolent,
Telle une plaie amère au fétide relent,
Où l'échec me foudroie avec magnificence.

L'oeil hideux, en sueur, brisé comme un fétu,
Je contemple, ébahi, mon destin abattu
Et vois tous les faux biens rouler à la renverse ;

Jusqu'à l'heure où, levant ses deux poings furieux,
Une nouvelle nuit plus ignoble et perverse
Se jettera sur moi pour me fermer les yeux.


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Il a dit l'éclair bleu des rives souterraines,
Le silences surpris et les larmes d'azur,
Il a dit les flots d'or parcourus de sirènes
Et le rayonnement d'un espoir toujours pur.

Il a fait la stupeur des regards immobiles,
Les sourires buvant la lumière du jour ;
Il a fait notre ciel plein d'étoiles fragiles,
Sous l'éclat souverain que possède l'amour.

Il a pris le frisson des heures musiciennes,
Le vertige des vents et des souffles épars,
Et reconduit l'étrange aux montagnes anciennes
Parmi la floraison des suprêmes départs.

Il restera le lieu des longues plénitudes,
Le miracle qui veille à la porte du coeur,
La magie attardée au fond des solitudes
Et gardera le nom merveilleux de bonheur.


Poème extrait de la " Blessure des Mots "
première édition





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Jour et nuit, quelque chose en moi pleure et s'entête,
Un bégaiement de vie obscur et palpitant,
Egaré dans un coin douloureux de ma tête
Et que l'espoir agite à ma lèvre, un instant.

Chaque fois, bien ou mal, vivre est un casse-tête ;
Je ne sais quoi m'enivre ou me mord tout autant :
La beauté prise aux mots de mes songes d'esthète
Ou l'heure exténuée enfuie en tremblotant.

Hélas ! de quel soleil ravirai-je la flamme ?
Le jour épais me laisse une griffure à l'âme
Puis remue à nouveau son éternel ennui ;

Et l'oeil encore plein d'un feu que l'aube glace,
Vraiment que puis-je aimer de ma cervelle lasse,
Qui ne soit une fleur arrachée à la nuit ?


Poème extrait de " La Blessure des Mots "

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